Watsu : back to the foetus

par Leslie Rijmenams

Watsu wataIl existe des expériences qui créent un avant et un après. En 2009, j'ai testé le massage ayurvédique dans le Kerala. Un massage à 4 mains en bordure des backwaters. 2 heures pour atteindre, franchement, le 7ème ciel de la détente. Jamais plus je n'ai connu telle évasion. Jusqu'à dimanche dernier. 

Cet hiver n'en finit plus. Cela fait deux semaines que j'ai juste envie de fracasser mon réveil à chaque fois qu'il sonne. Je suis à fleur de peau comme, probablement, quelque 10 millions d'autres Belges. Toujours est-il que j'en avais besoin de cette pause. Je me rends donc aux Ateliers du présent, un centre de bien-être qui utilise, notamment l'eau pour se sentir mieux. J'y avais déjà testé l'aquabike pour me faire des muscles. J'y suis retournée pour lâcher prise. J'ai testé le watsu-wata.

Watsu, kesako ? C'est la contraction entre "water" et "shiatsu". En d'autres termes, il s'agit d'une technique de relaxation profonde développée depuis 1980 à partir du zen shiatsu. On le pratique dans une eau à 35°C. 

Wata ? C'est l'abréviation de l'allemand "WasserTanzen" (danse aquatique). Durant cette technique, celui qui le pratique est progressivement amené en apnée, sous l'eau. Un genre de retour au foetus. A vivre pour le croire !

Et donc ? Et donc l'instant est magique, transcendantal. Durant une heure, Heng me berce. Coréenne, elle a appris tout son savoir-faire en Inde, durant 5 ans. En début de séance, elle entoure mes mollets de petits flotteurs afin de pouvoir me laisser aller sans couler. Pendant 60 minutes, je suis non-stop en contact avec elle. Vu de loin, le watsu-wata ressemble à un mélange entre le ballet classique, l'aïkido, la nage des dauphins et le bercement du foetus dans le ventre maternel. Dès la 3ème minute, je perds toute notion du temps et de l'espace. Heng me porte, me transporte. Elle me berce, m'étire, presse mes points de tension. Nos respirations se synchronisent. Au cours de la séance, Heng me met un pince-nez. Et c'est le grand plongeon. Plus rien, du silence. Je suis en apnée et ne fais aucun effort pour tenir. Mes oreilles se posent contre son buste. Ses battements de coeur envahissent la piscine. Retour 27 ans en arrière. Je reviens à la surface, me laisse porter et replonge. Je ne sais plus où sont mes jambes par rapport à ma tête. Je sais juste que je suis en pleine sécurité et ce sentiment est rassurant. 

Le watsu-wata est un moment de pure relaxation. "Il en vient à soigner certaines personnes" me confie Nicole Mabille, fondatrice des Ateliers du présent. "Chaque séance représente une expérience unique. En fonction de son histoire, le receveur part à la découverte de son intériorité et de sa relation avec les autres. Le massage dans l'eau chaude rappelle à l'un les soins maternels reçus dans l'enfance, plonge l'autre dans un état méditatif, fait vivre un troisième les plaisirs de la danse... Mais tous sortent transformés de cette expérience émotionnelle, sensuelle, spirituelle." Je confirme. 

Durant cette heure, aucune pensée négative ne me traverse. L'eau me donne le don de l'imperméabilité. Je suis prête à recevoir la paix et évacue tout ce qui est parasitaire. Ainsi, depuis dimanche, le ciel me semble un peu moins gris. 

 

Watsu-wata - 80 euros. A tester notamment aux Ateliers du présent, 17 Rue du Mont Marcure, 1420 Braine l'Alleud.
TEL : 0475 377 570 || WEB : www.lesateliersdupresent.com

 

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