Bagels, smoked meat et blonde

par Leslie Rijmenams

Saint Viateur bagelCe mardi, visite de Montréal version estomac. J'ai 5 heures pour découvrir 3 institutions québecoises : les bagels, la viande fumée et la bière artisanale. 

Fin de matinée oblige, je commence par le bagel, sorte de compromis entre le pain (pour son goût) et le donut (pour sa forme). Deux choix s'offrent à moi : le Fairmount ou le St-Viateur. Facile de choisir en fait. Fairmount est fermé pour cause de fête juive, en ce 18 septembre. Il faut savoir que ce sont les Juifs qui ont importé le bagel au Canada, au début du 20ème siècle. C'est d'ailleurs dans leur quartier que siègent les deux fabriquants phares de Montréal.

Graines de sésame, de pavot, bagel raisin-cannelle ou complet... Saul Restrepo me parle avec passion de cette pâte au levain dont il ne se lassera jamais. "Même après autant d'années à travailler ici, j'adore toujours autant manger un bon bagel le vendredi soir, en famille. Le bagel classique. Fromage à la crème, saumon fumé, câpres et oignons rouges." 

La parcitularité du St-Viateur, c'est de cuire les bagels dans un four à bois. Il ne s'arrête jamais. L'endroit est ouvert ouvert 24h/24 et 7 jours/7, c'est bon à savoir pour les panses insomniaques. Et vu que les Chauds Matins s'achèvent à 3h du mat', ici...

Schwartzs

Autre institution juive, à la base : Schwartz's. Un incontournable d'après tous les times : New York Times, Financial Times of London, Time Magazine. Et ces mentors ne font qu'asseoir, encore un peu plus à mes yeux, leur crédibilité. 13h30, j'ai rendez-vous avec Frank Silva, le gérant de cette usine à viande fumée. Je sors du bus. C'est froid. C'est froid. Ah, là ça commence à être tiède : j'apperçois une file de plus ou moins 3 mètres devant une enseigne toute colorée. Patients et disciplinés en plus les Québecois ! Là, c'est y est : c'est chaud, je brûle ! J'arrive chez Schwartz's. Un genre de cantine avec un mur surchargé de photos et de dédicaces (Céline Dion, actionnaire ; Halle Berry, Angelina Jolie, Nana Mouskouri...). Les gens viennent des 4 coins du monde pour découvrir ce lieu cher aux Montréalais et néanmoins peu touristique.

Frank m'invite au comptoir et m'explique à demi-mot le secret de son succès : "un mélange d'épices dans laquelle marine la viande pendant 10 jours, le passage au fumoir durant 8 heures, de la vapeur qui chauffe le tout et une découpe à la main". Rien à voir donc avec le kebab du coin. Le souci, c'est qu'habitant à Bruxelles, il me faudra plus qu'une pause pub pour me rassasier. 

Lourde et rincée par les trombes qui arrosent Montréal aujourd'hui, je décide d'éliminer en allant magasiner... Faire du shopping, en Québécois. Mais vu que j'ai plus envie de me mouiller des mâââsses, je décide d'emprunter les galeries souterraines en dessous du Boulevard Sainte-Catherine. Pour vous donner une idée, ces galeries mesurent 32 km. 2 bibliothèques publiques, 9 centres de sport, 1700 boutiques (je vais mourir), 3 patinoires, 3000 appartements, 4500 chambres d'hôtels, 350 restos... Tout ça me donne le tourni. Et 'faudrait quand même pas que je titube en débarquant au Cheval Blanc...  GO !

Le cheval blanc

16h. "Mais vous êtes là trop tôt !!" Mmm, sympa, l'accueil. "Non, mais franchement c'est bien :)" Aaah, sympa l'accueil :) Il faut dire que François Martel fait partie de ces gens qu'il faut rencontrer au moins une fois dans sa vie. Légèrement (ou un peu plus) allumé, il est arrivé au Cheval blanc il y a 26 ans. L'établissement situé dans le Quartier latin sert des bières artisanales. Une centaine, tout au long de l'année. En fonction du houblon, de la saison, de l'inspiration du brasseur... les bières changent constamment.

Au Québec, les micro-brasseries se font de plus en plus nombreuses. Seule différence au Cheval blanc : ce pub ne commercialise pas ses productions au-delà de ses portes. C'est pourquoi elle ne bénificie pas de ce label. Mais pour moi, c'est tout comme. Bière artisanale, bonne en plus et chouette ambiance. Je me sens un peu chez moi. Finalement, les expats... c'est pas si mal. D'ailleurs, 'paraît que c'est facile de trouver un job à Montréal. D'ici 2020, près d'un million et demi d'emplois seront à pourvoir dans la Belle Province.

Vas-y, chéri, fais péter le CV !

 

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