Le Salon du Chocolat fait fondre Bruxelles

par Leslie Rijmenams

Salon du chocolat20 ans que le Salon du chocolat existe. 20 ans qu'il ne pose pas ses valises en Belgique. 20 ans... 20 ANS !!! La Belgique, terre des plus grands créateurs, du savoir, du goût chocolaté par excellence. Certes, c'est chauvin. Mais tellement vrai. En toute objectivité. Il était temps que ce salon débarque. Ce sera chose faite du 7 au 9 février ! 

Le Salon du chocolat, c'est 1 million de visiteurs par an à travers le monde, 24 éditions chaque année : Shanghai, Salvador de Bahia, Le Caire, Moscou, Zurich, Seoul, Londres, New York, Tokyo... Il ne manquait à ce palmarès qu'une destination : la capitale de l'Europe.

La fin du chocolat pour 2020 ? Foutaise...

Cette première édition bruxelloise rassemblera plus de 80 participants, des plus petits artisans aux industriels (la plupart belges). Est-ce un problème pour Marcolini de se retrouver à côté du modeste Henri IV et du mondialement connu Léonidas ? Pas le moins du monde pour le maitre-chocolatier qui vise à se différencier par un chocolat identitaire. "Le chocolat, c'est comme le vin. Il y a des grands crus, des vins de petits vignerons, des vins de soif. Le tout est de savoir ce qu'on veut vendre : personnellement, ma vision, c'est d'offrir un chocolat de dégustation, de transformer le produit de A à Z, d'avoir une main d'oeuvre réelle derrière ce que je fabrique. Certains parlent de la disparition du chocolat en 2020. C'est une fumisterie absurde! Payer les producteurs à un prix décent, c'est ça qui assurera la longévité du produit. Pareil pour l'artisanat. Avoir des artisans qui se différencient des industriels, c'est ça qui assurera la pérénisation de ce métier. L'heure est venue de tirer le secteur vers le haut. Alors oui, notre chocolat ne coûte pas 2 euros le kilo, il en coûte 25. Mais on est est fier car on paie le prix juste." En bref : ça ne dérange pas Marcolini d'être à côté de dizaines d'autres producteurs lors de ce salon, mais son avis sur les industriels n'en reste pas pour autant moins tranché. 

De découvertes en dégustations

Il y a 20 ans, Sylvie Douce et François Jeantet créent la première édition du Salon du Chocolat. C'est la passion qui les pousse : la passion du produit, des planteurs, de la créativité, du savoir-faire, du talent... Depuis, l'événement ne cesse de prendre de l'ampleur. Il attire Monsieur et Madame Tout-le-Monde mais aussi de belles brochettes de people. Noémie Lenoir, Adriana Karembeu, Lara Fabian... comptent parmi les mannequins qui furent à croquer l'an dernier, lors du chocolat show.

Le Salon de Bruxelles organisera quotidiennement un grand défilé de mode mettant en valeur des robes... en cacao ! La question qu'on se pose tous : sont-elles mangées après le défilé ? Non ! On s'empoisonnerait vu le produit vaporisé dessus pour la faire tenir et garder sa couleur. La plupart du temps, ces tenues sont rendues aux artisans et parfois prêtées lors d'expositions. 

Defile Des Robes en Chocolat 2007

Quelques autres incontournables du Salon du Chocolat de Bruxelles : 

- Les leçons de gourmandises dans l'espace Choco Demo : toutes les heures, des chefs, chefs pâtissiers et chocolatiers de renom partageront leurs trucs et astuces. Dégustation à la clé. Quelques noms : Damien Bouchéry (Bouchéry), Bart de Pooter (de Pastorale**), Carl Gillain (Agathopède), Pascal De Valkeneer (Le chalet de la forêt**), Jean-Philippe Watteyne (iCook), les Frères Folmer (Couvert Couvert), Clément Petitjean (La grappe d'or)

- La librairie chocolat et dédicaces : Jean-Philippe Darcis, Clément Petitjean, Candice Kother, Sang-Hoon Degeimbre... partageront leur passion avec les lecteurs gourmands.

- Chocoland, l'initiation au goût : tous les jours à partir de 11h, cet espace accueillera les enfants de 4 à 10 ans. Au programme : des ateliers ludiques et récréatifs. De la réalisation de mendiants à la fabrication de sucettes en passant par celle de macarons et de masques en chocolat, les chefs en herbe auront de quoi s'occuper pendant que Papa et Maman suivront, eux aussi, des ateliers pâtisseries

Expositions : le public pourra notamment découvrir l'histoire du cacao et de la spécialité belge à travers Le chocolat se raconte. La jeune génération sera également à l'honneur avec une approche de design culinaire. Les étudiants de l'Executive Master Food design de l'Académie des Beaux-Arts ont, par exemple pour mission de reconstituer une salle à manger exclusivement en chocolat. 

- Mais aussi... un espace commerce équitable, un village B to B (réunissant des fournisseurs de packagings et d'équipement pour les professionnels), le lounge et l'espace dégustations

- Le chocolate pass : le Salon du Chocolat s'associe à Visitbrussels. Ce livret informatif contiendra 10 coupons ainsi qu'un plan afin de se rendre chez les chocolatiers participants. 

Le chocolat, une potion magique

C'est le thème de cette première édition 2014. Des sources de la magie cacao à l'univers féérique qu'il représente aujourd'hui, le chocolat intrigue et fascine par ses multiples usages et vertus. Antioxydant pour les uns, remonte-moral pour les autres, il nous plait de lui associer moult bienfaits. Magique et captivant, le chocolat nous fait tous fondre. De la potion divine et ancestrale des Aztèques aux vertus médicinales et thérapeutiques reconnues de nos jours en passant par le retour aux plaisirs gourmands immédiats, le chocolat n'a de cesse d'enchanter tous les continents. Au Japon, c'est un produit de luxe. En Belgique, il est accessible à tous. Et pour preuve : la Belgique est actuellement le 2ème pays plus grand consommateur de chocolat au monde, derrière la Suisse. Chaque Belge consomme, en moyenne, 10 kilo par an. 

chocolat bonheur

Est-ce alors utile d'installer un tel salon chez nous, vu que nous sommes déjà tous conquis ? OUI et re-OUI ! affrime Pierre Marcolini. Ce genre d'événement permet de raconter le produit. "Se limiter au pourcentage de cacao qu'il y a dans un chocolat, c'est comme se limiter à dire qu'un vin contient 12 ou 14 degrés. Ca ne veut rien dire ! Ca ne vous dit pas le type de cépage, la sensation que vous allez avoir en bouche, les arômes qui vont se dégager... L'objectif ici, c'est de découvrir le goût d'un végétal qui va varier en fonction du sol, de l'hydrométrie, du climat dans lequel il évolue... Ce qu'on va faire, c'est démystifier tout ça avec le grand public et les enfants."  Viendront ensuite la dégustation et la comparaison des saveurs." Et c'est aussi pour ça qu'on vient.

Vu que le partage de savoir se fera dans la douceur du produit, je bloque mon week-end. En même temps, il n'en fallait pas beaucoup pour me convaincre... 

 

Le Salon du Chocolat, du 7 au 9 février à Tour et Taxis (Shed 1). 
Tarifs compris entre 5 et 10 euros. 
Infos et préventes sur http://brussels.salon-du-chocolat.com/accueil.aspx

 

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