De la pub sur les cuisses japonaises

par Leslie Rijmenams

pub-cuisses-japon-2L'autre jour, chaussée de Louvain, je surprends le regard de 3 hommes sur le trottoir d'en face. Tous ont la tête tournée à gauche, légèrement inclinée vers le bas. Ils observent analytiquement le joli bassin d'une passante, pour le dire ainsi. De là, horreur (!), une idée sexiste : et si les marques y posaient leurs pubs ? Au moins, les femmes et leurs fesses se feraient payer pour être matées. Une idée polémique certes, mais pas si insensée que ça. La preuve : les Japonaises se sont lancées dans l'aventure, il y a quelques mois déjà. 

Territoire absolu

C'est ce qu'on appelle la révolution de l'homme sandwich --> la miss jambon. Beaucoup plus subtile, une agence de pub japonaise paie des femmes 10.000 yens (+/-100 euros) pour afficher une réclame... sur leurs cuisses ! Qu'on se le dise, certains Nippons fétichisent carrément le zettai ryouiki (traduction : "territoire absolu" ; traduction bis : la partie entre les genoux et le haut des cuisses). 'parait que les manga y sont pour quelque chose... 

Action-réaction : les hommes regardent ces parties du corps alors, pour la compagnie Wit Inc., autant mêler l'agréable au consommable. Désormais, les Japonais n'ont plus à lever minablement les yeux au ciel lorsqu'une jeune fille les surprend... non, c'est assumé. En contrepartie, Miss mannequin reçoit de l'argent de poche. Du moment que tout le monde est content... 

Une pub, 4 conditions

N'est pas cuisse sandwich qui veut ! Pour porter un autocollant publicitaire sur leur zettai ryouiki, les Japonaises doivent : 
1) avoir plus de 18 ans
2) avoir au moins 20 amis sur les réseaux sociaux
3) poster 2 photos d'elles en deux endroits différents avec le sticker
4) se balader au moins 8 heures avec leur autocollant

Pas obligatoire, mais fortement conseillé : le publicitaire Hidenori Atsumi suggère vivement à ses mannequins de se promener avec des chaussettes montantes et une mini-jupe. Pourquoi ? Il suffit, me dit-on, de demander à n'importe quel Japonnais ou occidental... la vague question du fantasme de l'écolière sainte-nitouche.

La cuisse sandwich : sexiste, osé, dégradant ? En tout cas, si c'est assumé, j'ai envie de poser la question : à quand les seins et les fesses ? Au Japon, 3000 femmes ont accepté de devenir des objets publicitaires. Pas étonnant quand on sait que le salaire minimum à Tokyo est de 6 euros de l'heure. Les lolitas calculent vite. Ont-elles pour autant raison ? 

 

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