Il faut que je vous dise...

par Leslie Rijmenams

bonneville 2Il faut que je vous dise. Ce 26 septembre 2012 sonne comme un déchirement. 

Au lendemain des 30 ans de mon frère, mes grands-parents vendent Bonneville. Notre maison de campagne, notre havre de paix, notre terre de retrouvailles. 

Le choc fut brutal à mon retour du Québec : plus de balançoire qui grince dans le jardin, plus de meubles dans ma chambre, plus de babioles au mur. Juste quelques poussières à aspirer. 

Le fond du jardin, c'était mon jardin secret. L'endroit où je me ressourçais. La terrasse, le lieu de toutes nos blagues et apéros estivaux. Le salon, notre lieu de repos au coin du feu.

Mais voilà, tout a une fin. A commencer par les belles choses. J'ai tellement de choses à dire sur notre Va et vient qu'elles se résument à un grand silence. 

Se séparer d'une maison de famille, c'est un deuil comme tous les autres. C'est la pièce manquante du puzzle qui bâtit ce que l'on est. Là se trouve la clé du sens qu'on a donné à notre vie. Mes valeurs. 

Heureusement et comme pour tout, les meilleurs souvenirs sont bétonnés dans ma mémoire. Alors aujourd'hui, j'ai juste envie de dire merci à mon grand-père qui a construit ce chalet de ses mains, il y a 50 ans.

Merci à ma grand-mère qui a toujours pu en faire une terre d'accueil. Merci à ma maman de m'avoir fait exploré tous les lieux secrets de ce merveilleux village entre Namur et Andenne, qu'on appelle Bonneville. C'était un nom prédestiné. A croire que le bon vivre est né ici... 

Merci à mon papa d'avoir toujours suivi mon grand-père dans ses délires les plus fous. Et merci à mon frère d'avoir toujours été complice et compagnon de jeu dans ce jardin immense. 

Enfin, merci à mes proches et à vous, lecteurs, de comprendre l'importance et la portée du Va et vient. Ce déchirement provoque en moi certaines absences où je me perds dans mes souvenirs.

Alors si un jour vous passez dans ce village, sans même vous donner l'adresse, je suis sure que vous reconnaîtrez cet Eden. Petit chalet blanc sorti d'un rêve, toutes ses briques transpirent notre famille.

Bonneville, c'est ma fierté. Cette maison, ma construction personnelle. Lui dire Adieu est tout simplement impossible. C'est pourquoi aujourd'hui, comme après chaque week-end passé là-bas, je lui dis "A bientôt. On a encore bien rigolé."

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