Max joue à la guerre : c'est grave docteur ? (4/5)

par Leslie Rijmenams

enfant joue a la guerreSuite de notre série sur les jeux. 3 questions pour Vincent Magos, psychologue et responsable de la plateforme d'aide à la parentalité Yapaka : 1) les jeux de rôle sont-ils innés ? 2) Que choisir entre les jeux de compétition et de collaboration ? 3) Mon enfant joue à la guerre : est-ce grave ?

Et si on jouait au docteur ? 

Un enfant joue spontanément aux jeux de rôle, que ce soit seul ou en solo. Il joue à la maitresse, au pompier, au policier ou encore à la maman. En s’identifiant à ces personnages, l’enfant apprend le monde, il voit comment il peut faire avec l’inconnu. A l’école, la maîtresse était fachée… il rejoue la scène. En faisant cela, il comprend petit à petit la raison, le monde dans lequel il était projeté.

Pour l’enfant, s’identifier à une certaine personne lui permet de calmer ses angoisses et d’apprivoiser progressivement ce qui lui est inconnu.

Pas la peine d'interpréter outre mesure ! 

Attention aux interprétations abusives ! Pour Vincent Magos, il ne faut pas trop vouloir interpréter le jeu, les dessins… On peut en parler, être dans le dialogue… mais le spécialiste émet des réserves sur les interprétations trop poussées.

Compét' ou collab' : pas besoin de choisir

Jeu de compétition ou jeu de collaboration ? Les deux sont essentiels. Les jeux de compétition, qui ont tendance à être quelque peu  agressifs, permettent à l’enfant de vivre avec les autres, d’être parfois en désaccord. Les jeux de collaboration ont aussi tout leur sens car un jour, au boulot ou autre, l’enfant sera comme tout le monde amené à coopérer.

Qu’il y ait de l’agressivité ou de l'entraide dans le jeu, ça fait partie... du jeu. Il faut le savoir et on n’a pas à privilégier entre l’un ou l’autre.

Chambre de bataille... Et alors ? 

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les jeux de guerre ne sont pas du tout déconseillés pour le bon développement personnel de l’enfant, au contraire. C’est habituel. [Attention tout de même aux objets qu'on leur donne pour jouer, pas la peine d'armer nos enfants avec une artillerie lourde. Un baton fera l'affaire pour se prendre pour le Roi Arthur. Bagdad n'a rien de romanesque. NDLR]

Quand on grandit, on se confronte à l’autre. Il n'est pas d'accord avec ses parents, il proteste, il est en colère contre eux, il veut les annihiler, il veut éliminer un camarade qui lui a fait quelque chose de mal… Le jeu va justement permettre de travailler son agressivité. Il permet de se rendre compte qu’on peut penser certaines choses mais qu’on ne peut pour autant pas les faire. Jouer à la guerre, c’est se limiter. 

 

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