James Horner, l'orfèvre de la B.O.

par Brice Depasse

JAMES HORNERLe podcast de la séquence :

De tous les compositeurs qui bercent nos oreilles au cinéma James Horner a été le plus écouté de ces trente dernières années. La liste des 150 films qu’il a habillés ressemble en effet au Guinness book des records, rubrique blockbuster.

Fils de musiciens autrichiens immigrés en Angleterre puis en Arizona, James Horner a suivi 20 ans plus tard les traces de John Williams sur les bancs de l’UCLA, l’université de Californie à Los Angeles.

A Los Angeles, il y a un quartier sympa qui s’appelle Hollywood, alors pourquoi ne pas y rester ? Ce qu’il fait en 1979.

Horner est âgé de 26 ans quand il arrive à ouvrir les bonnes portes, enfin la plus petite, celle de la série B : les bons films d’horreur ou de Science-Fiction bien tocs comme Les mercenaires de l’espace ou La ferme de la terreur de Wes Craven. Je signale que ce dernier n’a pas encore le talent qu’il affichera dans Les griffes de la nuit ou Scream. Mais bon, il se fait connaître auprès de la génération qui comme Wes Craven va tout balayer sur son passage. On trouve ainsi le nom de James Horner au générique d’un petit film du jeune Oliver Stone qui dans cinq ans tournera Platoon.

Trois ans après ses débuts, James Horner connaît déjà un premier succès avec la BO de 48 heures, le film qui révèle Eddy Murphy et quelques mois plus tard en aligne un second avec Star Trek 2. Mais il doit attendre 1985 pour qu’on remarque sa patte, que sa musique crève l’écran avec Cocoon. Ron Howard, le réalisateur, en est tellement content qu’il retravaille systématiquement avec lui. Et comme tout ce qu’il touche devient de l’or …

S’ouvre alors un quart de siècle béni pour James Horner qui apporte sa pierre à des chefs d’œuvre comme Le nom de la rose ou Légendes d’automne.

Et puis, et puis, une autre rencontre. James Cameron fait appel à lui pour la suite d’Alien qu’il met en scène juste après son Terminator qui a secoué la moitié de la planète. C’est le début d’une nouvelle association entre un réalisateur et compositeur. En 1996, ce dernier le rappelle pour composer la musique d’un projet cyclopéen qui risque d’engloutir, c’est le cas de le dire, de nombreuses sociétés tant il engouffre de l’argent : Titanic. Pour ce film, il attend d’Horner ce qu’il sait faire le mieux : mélanger les synthétiseurs avec un orchestre à cordes et surtout des instruments celtiques. Ca se marie si bien à l’histoire !

Will Jennings qui travaille aussi sur le projet souhaite en faire une chanson pour le générique final. Un des arrangeurs qui a beaucoup travaillé avec Céline Dion lui propose de l’interpréter mais à l’écoute des maquettes, elle refuse. C’est René Angélil qui lui fait changer d’avis.

Cela fait longtemps qu’elle n’est plus apparue à un générique de film. Céline s’exécute. En une prise paraît-il. Il ne reste plus qu’à convaincre James Cameron qui lui, ne veut pas d’une chanson à la noix à la fin de son film. Mais sous la pression des producteurs, il accepte pour que la promotion soit appuyée par un clip et un single.

Un jour où il est de bonne humeur, Cameron accepte la chanson après l’avoir écoutée plusieurs fois, regrettant toutefois cette démarche commerciale à la fin d’un film aussi dramatique.

Il n’aura pas l’heur de le regretter puisque la chanson se vend à plus de quinze millions d’exemplaires, un chiffre phénoménal pour un single : seuls deux pays ne lui accorderont pas la première place : le Japon et la Nouvelle Zélande. Quant à James Horner, il écoule 30 millions d’albums, un chiffre historique pour une B.O.

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