John Barry, l'agent double de la B.O.

par Brice Depasse

JOHN BARRY 007

Le podcast de la séquence :

Son nom est à jamais lié à la saga des James Bond. Si Ian Flemming en est l’auteur, John Barry l’a mis en musique douze fois durant les années 60, 70 et 80.

Il a en effet systématiquement composé, à une exception près, toutes les musiques de Dr No à Tuer n’est pas jouer, voyant passer trois interprètes dont l’emblématique Sean Connery. C’est à lui qu’on doit dès le deuxième film de la série la chanson typique de générique. L’idée de le sortir en 45 tours pour le troisième est la bonne puisqu’il devient N°1 au Japon (Goldfinger).

A partir de là, chacune de ses musiques est aussi attendue et vendue qu’un album de rock. On l’achète même si on n’est pas allé voir le film. Du jamais vu ! Une mine d’or !

Mais réduire John Barry aux James Bond, même si c’est déjà énorme, est une erreur. L’homme a en effet prêté son art et son savoir-faire à beaucoup d’autres réalisateurs et connu de très belles réussites sur le plan musical et commercial comme King Kong en 1976, La rose et la flèche qui marque le premier succès de Sean Connery hors James Bond, La fièvre au corps, Frances, Cotton Club, Out of Africa ou encore le triomphal Danse avec les loups.

Tout dans sa vie prédestinait Barry à la musique de films. Son père, Jack Xavier Pendergast, projectionniste de films à l’époque du muet rencontre une jeune pianiste, Doris Wilkinson, qu’il épouse. Le fils, John Barry Pendergast naît en 1933.

Son père connaît l’ascension sociale en se lançant dans la création d’une chaîne de cinémas qui va prospérer dans le nord de l’Angleterre.

Sa mère renonce à sa carrière de pianiste mais semble avoir transmis le flambeau au fiston qui lui grandit entre les sièges et les projecteurs de cinéma.

Il a 24 ans quand il lance sa propre formation de jazz avec laquelle il accompagne durant les années 50 de nombreux artistes d’EMI. Quant au tout début des années 60, un certain Monty Norman compose le thème du futur premier James Bond, les producteurs en sont tellement mécontents qu’ils demandent à John Barry de le réarranger. Le travail qu’il fait sur le morceau est tellement impressionnant qu’il se voit confier la mission de composer l’ensemble du film. La légende commence.

Pour la petite histoire, John Barry sera quelques années plus tard, le premier mari d’une jeune starlette, Jane Birkin, avec qui il aura une fille, Kate. C’est lors de la séparation rapide des deux jeunes tourtereaux que Jane franchira la Manche et rencontrera Serge Gainsbourg.

John Barry n’a pas composé que pour le cinéma, il a aussi œuvré dans le monde des séries dont la plus célèbre reste en 1971 The persuaders !, un feuilleton anglais traduit en France par Amicalement vôtre avec un certain Roger Moore que John Barry retrouvera deux ans plus tard au cinéma.

John Barry est mort en 2011 à l’âge de 77 ans. Atteint de la maladie d’Alzheimer, il avait cessé son activité depuis des années. David Arnold, qui lui a succédé dans la BO de l’agent 007 a déclaré à l’annonce de son décès : « James Bond aurait eu beaucoup moins de flegme si John Barry ne lui avait pas tenu la main. »

JOHN BARRY