John Williams, l'empereur de la B.O.

par Brice Depasse

JOHN WILLIAMS

John Williams est de très loin le compositeur le plus populaire du XX° siècle. En devenant le compositeur attitré de Steven Spielberg et George Lucas, le musicien a signé pour la gloire. Rien que le nombre de gens qui ont écouté sa musique en regardant les Star Wars, Aventuriers de l’Arche perdue, Superman et autres Tintin en passant par la Liste de Schindler fait de lui une légende.

A titre d’anecdote, John Williams comptabilise 5 Oscars pour 45 nominations et je jetterai un voile public sur plus de cent nominations aux Golden Globes et autres Grammy Awards dont il a ramené plus de trente trophées chez lui. Vous imaginez la vitrine dans son bureau ?

Son père, un batteur de jazz, a eu la bonne idée de quitter New York pour s’établir à Los Angeles. Nous sommes en 1948, John a seize ans. Deux ans plus tard, il rentre à l’UCLA, cette fameuse université qui fait la part belle aux arts et à la musique et qui verra plus tard sur ses bancs Francis Ford Coppola, Jim Morrison et Ray Manzarek des Doors.

Après ses études, il retourne cependant à New York pour suivre les meilleurs cours de piano de tous les Etats-Unis au Conservatoire de la Julliard School. Et il travaille le soir en jouant dans des clubs, comme il y en a des centaines à l’époque. Mais cela lui vaut de se faire repérer par le plus grand du moment : Henry Mancini. Cet homme qui a composé plus de cent bandes originales de films pendant les années cinquante a autour de lui une équipe dont John Williams sera le pianiste comme sur le fameux Peter Gunn. Une école formidable pour lui qui lui vaut beaucoup de rencontres et d’opportunités : John Williams travaille aussi pour d’autres compositeurs et fait ses premières armes sur des séries télévisées.

Revenu à Hollywood, il compose ses premières BO pour des films de séries B. Très vite sa très grande maîtrise du jazz mais aussi de la musique classique le met dans la lumière.

Williams a quelque chose que les autres n’ont pas. Certes, ils maîtrisent tous le répertoire classique des Beethoven, Tchaïkowski ou encore Wagner où puisent tous les compositeurs américains. Cette puissante musique classique et surtout romantique n’a en effet pas son pareil pour susciter des émotions avec ses grandes envolées lyriques et son volume sonore. Elles sonnent toutes comme Ben-Hur, LA grande référence de la fin des années 50. Mais Williams y ajoute quelque chose que les autres n’ont pas encore saisi : la sonorité, la couleur et la finesse de la musique française du début du siècle, celle des Debussy, Poulenc et surtout Ravel. Probablement un des plus grands arrangeurs de tous les temps, Ravel sait faire sonner un orchestre, écoutez.

Tout va alors très vite pour lui. Après quelques films catastrophes comme on les appelait à l’époque comme la Tour infernale, l’Aventure du Posséidon et Tremblement de terre, John Williams fait une rencontre déterminante. Il est approché par un jeune réalisateur, Steven Spielberg : Sugarland Express et surtout Jaws valent à Williams d’apporter son soutien au troisième film du plus fidèle ami de Spielberg avec Martin Scorcese : George Lucas.

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