La Story Cat Stevens

par Brice Depasse

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On l’a perdu de vue durant des décennies, Cat Stevens, une des plus grandes figures du folk est revenue au show bizness depuis dix ans pour le plus grand bonheur de ses millions de fans qu’il avait à travers le monde dans les années 70.


A la différence de Bob Dylan et de Simon & Garfunkel, Cat Stevens n’est pas Américain mais Anglais. Enfin, Anglais de naissance et de culture. Il est né à Londres d’un père Chypriote grec et d’une mère Suédoise. Oui, monsieur. Il se nomme Steven Demetre Georgiou et a grandi au-dessus du restaurant de ses parents, Le Moulin Rouge, ça ne s’invente pas, en plein cœur de Londres.

Son père étant orthodoxe et sa mère protestante, ils mettent leur fils à l’école … catholique. Oserais-je dire parce que c’est la plus proche du restaurant ? En tout cas, le petit ne s’y fait pas trop remarquer. A la maison, non plus où il joue sur un piano quart queue … comme il peut, personne ne sait en jouer suffisamment pour lui apprendre. Mais lorsque les Beatles deviennent des stars en Grande Bretagne, en 1963, Steven, qui a 15 ans, persuade son père de lui acheter une guitare.

Il la gratte sur le toit de la maison d’où il entend d’ailleurs se jouer beaucoup de musique sur Denmark street que bientôt des Jimi Hendrix, Elton John et autres Rolling Stones vont rendre célèbre.

Comme il écrit beaucoup de chansons sur sa guitare, Steven souhaite devenir songwriter. Il y a assez de stars comme ça pour trouver des interprètes aux pièces qu’il écrit, comme celle-ci d’ailleurs : The first cut is the deepest

Sous le nom de Steve Adams, il chante maintenant dans des pubs. Il a essayé de former un groupe mais ça n’a pas marché. C’est là, en 1966, qu’il impressionne un manager et producteur :

- Comment t’appelles-tu ?

- Steven Georgiou mais mes amis m’appellent Cat Stevens.

- Pourquoi Cats ?

- Parce que les filles disent que j’ai des yeux tristes, des yeux de chat.

Simon Hurst fait donc enregistrer son premier disque à Cat Stevens. Matthew & son est un album encore très influencé par le swinging London et les comédies musicales anglaises. Le succès est immédiat : 3 hits et un top 10 pour l’album en Angleterre.

Après un second album et pas mal de dates de tournée, Cat Stevens chope la tuberculose. Il en prend pour sept mois d’hôpital à ne rien faire de spécial si ce n’est réfléchir. Il écrit 40 chansons, pratique le yoga mais surtout lit beaucoup de livres sur la spiritualité et les religions. Et il sort de sa convalescence transformé.

Sa musique aussi. Elle s’est recentrée sur guitare, acoustique. Finis les arrangements primesautiers et claquants de cuivres anglais. Son nouvel album s’ouvre sur une chanson étonnante que Steven a écrite pour sa petite amie, Patti d’Arbanville, un mannequin qu’il a rencontré dans une soirée branchée où il avait retrouvé Steve Winwood, Jimmy Page et Eric Clapton.

Un pari risqué mais réussi. Considérée comme une parenthèse après sa maladie, la critique et le public ne se rendent pas compte que la musique de Cat Stevens ce sera désormais ça : le folk rock, qui va le rendre ultrapopulaire aux Etats-Unis.