La Story Culture Club

par Brice Depasse

CULTURE CLUBLe podcast de la séquence :

Je n’aurais jamais cru qu’il était capable de chanter. Lui non plus d’ailleurs !

Culture Club, groupe anglais emblématique, indissociable des années 80 (cinquante millions d’albums et cent millions de singles vendus) et pourtant groupe improbable !

Culture Club, c’est un équilibre ahurissant entre des gens venus de partout et dont certains ignorent même qu’ils sont musiciens.

En 1981, Londres est en pleine ébullition. La New Wave punk des Sex Pistols et des Clash a fait long feu. Elle n’intéresse plus personne à part des purs et durs qui veulent continuer leur trip destroy. L’Angleterre qui est passée à deux doigts de tomber en faillite se redresse. Le New Future est rangé au placard même s’il est de bon ton dans les milieux du showbiz de taper sur le dos de la mère Tatcher au nom de tous les gens qu’elle va laisser sur le carreau.

Parmi ceux-ci, Malcom McLaren, l’homme qui a commis la plus grand escroquerie du rock’n’roll en lançant les Sex Pistols. Lui qui vient de relifter le groupe new wave Adam and the Ants, a viré la chanteur Adam Ant au profit d’une jeune blanchisseuse de 13 ans !

Le groupe rebaptisé Bow Wow Wow EST la nouvelle sensation scandaleuse britannique : la presse ne parle que d’eux. En plus des musiciens, il engage un DJ pour son look et ses platines. Du jamais vu.

Et donc ce George O’Dowd qui officie dans la boîte, le Planets, en se faisant surnommer Lieutenant Lush, tape dans l’œil d’un certain Mike Craig. En effet, sur la photo de Bow Wow Wow publiée dans un magazine musical, ce n’est pas la belle lolita Annabella Lwin qu’il voit mais lui ! Le partenaire idéal pour monter un nouveau groupe. Par l’entremise d’un copain, les deux hommes se rencontrent et le courant passe.

Le troisième larron qu’il recrute est Jon Moss. Pur produit punk, il a joué avec Adam and the Ants, les Damned et même les Clash !

Les premières répétitions sont affreuses. Ces gars ne savent pas quoi sinon qu’ils veulent être un groupe. Qu’est-ce que ça va bien pouvoir donner ?

Le quatrième membre, Roy Hay, le guitariste, déclare même que ce qui l’a impressionné, c’est la voix de celui qui ne s’appelle plus Lieutenant Lush mais Boy GeorgeJe n’aurais jamais cru qu’il était capable de chanter. Lui non plus d’ailleurs !

Et comment vont-ils s’appeler ? Comme pour leur musique, ils se cherchent et tout y passe : Sex Gang Children (on l’a échappé belle et eux aussi), In praise of lemmings, Caravan Club (on est sur une piste), Can’t wait club (ah c’est pas mal !) et enfin Culture Club.

Ce nom leur va comme un gant si on considère que le groupe est formé par un Irlandais androgyne, un Juif, un Noir jamaïcain et un Britannique.

Et pourtant de cet assemblage aberrant de gars dont certains découvrent leurs instruments sort une musique miraculeuse qui va influencer une décennie.

Si leurs deux sympathiques premiers singles ne vendent pas, le troisième dépasse toutes les espérances puisqu’il est N°1 dans seize pays et s’écoule à six millions d’exemplaires dans les mois qui suivent soit autant que le Billie Jean de Michael Jackson.

Bonus : le célèbre clip de Do you really want to heart me