La Story Donovan

par Arnaud Hubert

donovan428
En 1964, ces notes résonnent dans un studio non pas américain mais anglais.



La voix si proche de Bob Dylan, la nouvelle star du folk amerloque est celle de Donovan, un jeune écossais de 19 ans drôlement doué qui a tout pour réussir aux Etats-Unis. Bien sûr ce Catching in the wind évoque beaucoup le Blowing in the wind de Dylan. Excepté une chose, Donovan joue drôlement mieux de sa guitare que Dylan.

Il en utilise tous les sons, comme un homme-orchestre, du coup, sa musique semble beaucoup plus variée que celle du nouveau maître. Pour qui a tendance à trop croire la presse, Dylan n’a pas si mauvais caractère qu’on ne le dit. Ainsi lors d’un de ses séjours à Londres, il rencontre Donovan à son hôtel. Il dira même que c’est un chouette gars, il m’a joué ses chansons, je l’aime bien.

Les Anglais aussi puisqu’en cette année 1965, trois des 45 tours de Donovan sont en tête des charts. Il y rejoint ceux des Beatles et des Stones qu’il ne tarde pas à fréquenter par l’intermédiaire de leur leader Brian Jones.

Ce jeune prodige fréquente d’ailleurs stars du rock comme jack Bruce de Cream ainsi que deux futurs Led Zeppelin : Jimmy Page et John Paul Jones.

Ce dernier va d’ailleurs lui arranger un de ses plus grands tubes mondiaux, Mellow Yellow. Il n’est pas venu seul ce jour-là en studio, Paul McCartney est aussi là pour assurer les chœurs. Tout ce joyeux monde qui forme le Swinging London, en 1966-67 plonge alors dans le psychédélique et le mouvement hippie.

Donovan est de tous les coups, notamment du fameux voyage en Inde à Rishikesh chez le Maharishi Mahesh Yogi. C’est là, au cours de ces séances de méditation transcendantale que Donovan apprend à Paul McCartney et John Lennon le fingerpicking, cette façon si singulière de pincer les cordes. Les deux Beatles l’utiliseront sur quatre titres du double blanc.

Star aux Etats-Unis et en Europe, Donovan se perdra un peu dans la musique hippie et ne trouvera pas sa place dans les différents courants musicaux majeurs des années 70 du glam rock au punk en passant par le progressif et le hard rock.

Vous le voyez, bon camarade des plus grands influenceurs de la musique populaire, Donovan a fortement contribué à la pop des années 60 et 70.

Ainsi en 1966, Paul McCartney débarque-t-il dans sa rue avec sa mini qu’il gare au milieu, laissant les portières ouvertures pour laisser passer la musique. Il travaille sur le texte de Yellow Submarine. Il cale sur une ligne : il ne trouve pas les mots justes. Essaie « Sky of blue, sea of green ».

Comme Dylan, Donovan a aussi beaucoup été chanté par les autres. Ainsi cette chanson qu’il comptait donner à Jimi Hendrix en 1967, il va au dernier moment être convaincu par son producteur de l’enregistrer lui-même, lui valant un nouveau tube. Un titre sur lequel jouent trois futurs LedZep.

Quant à son Mellow Yellow, le 45 tours s’est vendu à sa sortie aux Etats-Unis à 1 million d’exemplaires.