La Story Earth Wind & Fire

par Arnaud Hubert

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Nous sommes à Chicago en 1969. Chicago patrie des plus grands labels de musique noire comme Chess Records, légendaire maison de disques des plus grands bluesmen et artistes de R’n’B.



Le jeune Maurice White, 28 ans, originaire de Memphis, la patrie du blues et d’Elvis Presley, a déjà joué sur les disques des plus grandes stars de la maison : Buddy Guy, The Impressions, Muddy Waters et Etta James.

En dehors de cela, ben il n’est rien moins que le batteur d’une des plus grandes formations de jazz américaine, le Ramsey Lewis Trio. Mais bon, il a beau avoir enregistré 9 albums à succès avec le pianiste Ramsey Lewis en 4 ans, Maurice souhaite jouer une autre musique. Il y a tellement de choses enthousiasmantes qui sortent : Miles Davis qui fusionne le rock et le free jazz, Santana le rock et la musique latino traditionnelle ou encore Chicago avec son énorme section de cuivres.

Maurice sent qu’il a sa place dans ce courant musical où tout est permis. Il quitte donc le trio pour un former un autre, The salty peper, les poivrons salés avec qui il compose pour d’autres artistes ainsi que des musiques pour de publicités. Malgré quelques singles qui viennent titiller les charts, le succès n’est pas franchement au rendez-vous aussi Maurice quitte-t-il Chicago pour Los Angeles, là où tout se passe maintenant au niveau des nouvelles musiques.

C’est là qu’il fonde Earth, Wind & Fire, d’après les éléments zodiacaux, il a juste remplacé l’air par le vent parce que ça sonne mieux. Maurice est très branché astrologie, ça se verra sur les pochettes du groupe.

Les deux premiers albums d’Earth Wind & Fire paraissent en 1971. Ils sont bien sûr remarqués par les critiques musicaux : c’est la première fois qu’on entend une telle fusion de jazz, de blues, de gospel, de soul et de musiques traditionnelles africaine et brésilienne.

Bonnes critiques mais peu de ventes. Le groupe qui ne trouve de contrat d’engagement que sur les campus universitaires se sépare. Il ne reste d’Earth Wind & Fire que Maurice et son frère Verdine. Un batteur et un guitariste.

Tu sais quoi, Maurice, on s’est trompé de casting. Ce qu’il nous faut, ce sont des musiciens qui sont jeunes et qui en veulent. De plus, c’est toi qui doit chanter, allez sors de cette batterie et viens sur le devant de la scène.

Maurice White repart donc à la recherche de nouveaux musiciens. Il va même engager un second chanteur qui avec sa voix haut perchée va lui permettre d’élargir la palette vocale du groupe.

A partir de là, la notoriété et les ventes d’albums d’Earth Wind & Fire vont croître d’année en année, notamment grâce au show cyclopéen de la formation la plus spectaculaire de la scène américaine.

Epuisé par la gigantesque machine du showbiz, Maurice White mettra un terme à Earth Wind & Fire après avoir vendu 90 millions d’albums. S’il reviendra sous ce nom épisodiquement à partir de 1987, il laisse de très nombreux hits mais surtout de somptueux albums de musiciens surdoués qu’il faut absolument redécouvrir.