La Story Hervé Cristiani

par Brice Depasse

CHRISTIANI

En 1981, nous découvrons sur les radios libres, et autres, une chanson aérienne. Son interprète dresse le portrait d’un type incroyablement cool dénommé Max.


Le genre de gars dont on parle avec admiration. Il le vend bien, Hervé Cristiani son Max, à plus de 500.000 exemplaires, à vrai dire. Une nouvelle étoile des années 80 est née.

En fait non. Nous n’en savons rien mais Hervé Cristiani est en vérité un vieux de la vieille. Enfin, vieux, il a 33 ans mais il a commencé très jeune.

Né en 1947, il est de la génération des Pink Floyd et des Rolling Stones. Autant vous dire que leur musique le branche particulièrement. Les yéyés, c’est pas du tout son truc. Passionné de musique, Hervé fréquente le Centre Américain de Paris où il croise d’autres passionnés de pop anglo-saxonne qu’on entend peu à la télé et à la radio, en France : Jacques Higelin, Maxime Le Forrestier mais aussi un certain Dick Annegarn avec qui il se lie d’amitié.

Pour percer dans le monde dans la chanson, Hervé fréquente Le petit conservatoire de Mireille grâce à qui il fait, comme Françoise Hardy quelques années auparavant, ses premières apparitions télés.

Le tout petit nom qu’il s’est fait lui permet de publier ses premiers 45 tours dont un est coécrit par Dick Annegarn. (La femme fleur)

Et puis, le hasard fait bien les choses, lors d’un trajet en train, Hervé remporte une partie d’échecs contre le PDG de la firme Polydor, label sur lequel on fondera un jour Universal. L’enjeu ? Un 33 tours qui remporte un petit succès. Hervé Cristiani a alors trouvé sa voie qui n’est pas très loin du mouvement hippie. Son disque n’est pas très éloigné de ce que fait à l’époque le groupe Ange. Au pays de la mélodie est un album concept proche du Genesis de l’époque.

Grâce à une tournée en compagnie du jeune Francis Cabrel, Hervé vend pas mal de son pays de la mélodie qui lui vaut d’en enregistrer un second.

Mais Camapanules qui sort en 1976 ne trouve pas son public. Si Genesis, Pink Floyd ou encore ELP rencontrent un énorme succès, ils sont les derniers de ce mouvement musical. La pop et le monde ont bien changé : entre le punk et le disco, il n’y a plus de place pour les hippies.

En 1979, Hervé Cristiani change de maison de disques : il quitte Polydor pour Warner, WEA comme la firme se nomme à l’époque. Mais le déménagement n’apporte guère plus de succès.

Au cours des spectacles qu’il donne à ce moment pour promouvoir son disque, Hervé interprète une chanson que le public adore : Il est libre, Max. Fort de ces réactions, il l’enregistre pour une nouvelle firme de disques. Mais lorsqu’il s’agit de sortir un premier simple, RCA choisit un autre titre contre l’avis de l’artiste.

Le flop les convainc de tenter Il est libre Max avec le succès que l’on sait.

Ce sera malheureusement un fait unique dans la carrière d’Hervé Cristiani. Cependant sa chanson ne tombera jamais dans l’oubli. Elle sera reprise par Gérard Lenorman, Jean-Jacques Goldman, Vincent Delerm et lui vaudra même d’être réveillé une nuit de décembre 1989 par un journaliste qui lui fait entendre des étudiants roumains chanter sa chanson dans les rues de Bucarest lors de la révolution.