La Story in Belgium (18) : Les débuts de Frédéric François

par Brice Depasse

FREDERIC FRANCOISLa séquence antenne :

Le succès de Frédéric François est, je serais tenté de dire, depuis toujours une évidence. Avec ses 45 singles et 40 albums d’or, 35 millions de disques écoulés, il est sur la troisième marche du podium des Belges les plus vendus avec Brel et Adamo.

Pourtant, à l’époque de ses débuts, rien n'est évident pour un artiste belge, certainement pas le succès national. A fortiori en dehors de nos frontières qui existent alors bel et bien.

Nous sommes en 1971. Cela fait maintenant quelques mois que Francesco Barracato se nomme Frédéric François. Et à 20 ans, avoir un disque publié chez AZ, le label de Lucien Morisse d’Europe 1 qui publie Michel Polnareff, on se dit que ce jeune homme a bien de la chance.

Et pourtant, malgré son jeune âge, cela fait déjà sept ans que Frédéric est dans le métier. Il a commencé par jouer dans des groupes semi-professionnels aux noms improbables comme seules les années 60 peuvent en offrir comme Les éperviers et les Tigres sauvages. Puis il y a les inévitables reconnaissances de jeunesse comme un Microsillon d’argent d’un festival de Châtelet alors actif qui lui permet en 1966 d’enregistrer un premier 45 tours dont papa écoule les 500 exemplaires dans les juke boxes.

Ca ne va toutefois pas plus loin si ce n’est quelques premières parties, quand même ce n’est qu’un ado, de Johnny Hallyday et Michel Polnareff. Mais voilà, ce fameux 45 tours, s’il classe pour la première fois Frédéric François dans un hit-parade français n’en fait pas une vedette pour autant. D’autant plus que si vous ajoutez l’échec des singles parus chez Barclay Belgique l’année précédente, il y aurait déjà de quoi décourager une carrière.

Deux autres simples sortent chez AZ sans faire de vagues et puis, c’est un nouveau frémissement, un succès inattendu grâce à Veronica, la radio hollandaise pirate qui émet depuis la Mer du Nord. Mais les trente mille 45 tours vendus ne permettent pas de faire vivre son homme et sa famille, Frédéric François est à présent marié et papa.

Le découragement pointe le bout de son nez quand son nouveau disque accomplit un miracle : en effet, Je n’ai jamais aimé comme je t’aime parvient à la première place du classement de Formule J, le seul hit-parade que nous ayons à l’époque. Pendant trois mois, Claude Delacroix, grand amateur de rock dont on ne pourra soupçonner une quelconque complaisance, annonce le N°1 : Frédéric François.

Ce succès belge incite la firme Vogue, chez qui Frédéric François vient de signer à distribuer le disque en France. Mais ne prenons pas trop de risques. Essayons avec le Nord uniquement. Il s’en vend 250.000 exemplaires, un carton plein que confirme le disque suivant qui lui s’écoule à un demi-million d’exemplaires.

Fin 1972, Laisse-moi vivre ma vie atteint le million de copies. C’est le début de la Fredomania : Frédéric François rejoint le club des chanteurs de la génération Salut! et Podium aux côtés de Claude François et Patrick Juvet, loin de se douter que cela va durer pour lui 40 ans, et plus...