La Story in Belgium (20) : Annie Cordy

par Brice Depasse

ANNIE CORDY

La séquence antenne :

Hiver 1974-75, Annie Cordy est sur tous les plateaux de télévision. Chez les Carpentier, Drucker et Guy Lux, elle enflamme le public avec le plus inattendu de tous les succès.Et quel tube puisque cette chanson que petits et grands de France et de Belgique entonnent à tout bout de champ se vend à presque deux millions d’exemplaires.

A 46 ans, Annie Cordy, toujours fringante, est connue de tous pour ses comédies musicales et ses apparitions au cinéma à partir des années 50. Elle est tellement populaire depuis 20 ans que la majorité des Français ignorent qu’elle est belge. Car même si elle habite en banlieue depuis 15 ans et travaille à Paris depuis 1950, Léonie Cooreman a gardé une petite pointe d’accent bruxellois que ses compatriotes reconnaissent.

Sous le nom d’Annie Cory elle chante dans le bouillonnant Bruxelles nocturne d’après-guerre lorsqu’elle repérée par le patron du plus grand établissement parisien : le Lido.

Annie quitte la porte de Namur pour la rive droite où elle devient Annie Cordy et même madame Bruneau puisqu’elle se marie avec son agent. De meneuse de revue, Annie devient rapidement interprète d’opérettes notamment avec Bourvil et Georges Guétary sous la direction de Francis Lopez, l’homme qui a révélé Luis Mariano.

Quelques mois plus tard, elle fait ses débuts au cinéma sous la direction de Sacha Guitry, rien moins, dans la plus grande super production de l’époque. Son entrain et son dynamisme la rendent immédiatement très populaire auprès du public. Son énergie fera le reste et le principal puisqu’elle lui permettra de mener toutes ces carrières de front sans faillir. Annie part sur les routes du Tour de France, en Afrique du Nord, chante à l’Olympia, reçoit un prix pour un enregistrement jazz, chante avec Henri Salvador ou encore Bourvil au cinéma, devant Rainier et Garce Kelly à Monaco, à New York, Rio de Janeiro, tout cela en l’espace de deux ans.

De 1957 à 1960, elle triomphe à Paris dans un spectacle aux côtés de Jean Richard et est en même temps à l’affiche de trois films.

Les années soixante sont aussi chargées en engagements et en succès : les comédies musicales et les films se succèdent quand Maurice Chevalier lui conseille d’allier les deux dans un spectacle solo. Pourquoi ne monte-t-elle pas un show dans lequel chaque chanson serait un tableau avec personnages et costumes ? Annie s’exécute en 1965 et fait un nouveau triomphe sur Paris avec Annie Cordy en deux actes et 32 tableaux.

Et la machine des films, comédies musicales reprend avec ses tournées européennes mais si on voit Annie Cordy jouer les comiques comme avec Darry Cowl en 1968 à Bobino, on découvre aussi l’année suivante une actrice dramatique dans Le passager de la pluie avec Charles Bronson et Marlène Jobert ou encore Le chat avec Gabin et Signoret.

Sortie de son rôle de chanteuse grâce au théâtre au début des années 70, Annie revient à la comédie musicale en reprenant sur les planches le rôle de Barbra Streisand à sa sauce, bien entendu. Annie Cordy devient pendant deux ans Dolly sous les applaudissements et les projecteurs.

Voilà donc avec quels bagages Annie Cordy endosse le rôle de la bonne du curé malgré le fait que sa maison de disques n’y croie pas. Quelques N°1 et trois disques d’or plus tard, même un pompiste lui demandera si ça lui chatouille et ou si ça lui gratouille.

 

Bonus, Annie chantant La bonne du curé chez Guy Lux, en 1975 :