La Story in Belgium (25) : Telex (2)

par Brice Depasse

 telex MOSKOWLa séquence antenne :

Tout a été vite pour TELEX. Tellement que le premier titre n’est pas encore fini qu’ils sont déjà signés chez RKM.

On ne finirait pas de le mixer ? demande Dan Lacksman à ses deux acolytes.

Et puis sur un 45 tours, il y a deux faces. Il faut donc composer et enregistrer un second titre.

Twist à St Tropez suscite la curiosité des professionnels et du public. Alors que les Vangelis, Schulze, Jarre et Kraftwerk sont à la pointe de ce qu’on appelle les disques de synthétiseurs, Telex fait danser avec ces instruments et, surtout, reprend ce standard des débuts du rock’n’roll avec des boîtes à rythme. C’est culotté et du jamais entendu.

Jamais vu non plus. On découvre à la télévision ces trois silhouettes anonymes en combinaison blanche de travail, cravate noire et double paire de lunettes à souder dans un clip réalisé par René Steichen (qui ne lance pas encore des vidéos pour André Torrent).

Le succès appelle d’autres 45 tours et même un album. On entend ainsi une version synthétique, ralentie de Ca plane pour moi dans laquelle la voix de Michel Moers est passée au vocoder. Pas banal et génial.

Si le même traitement est réservé pour Rock’n’roll the clock, le groupe de Marc Moulin ne se limite pas à des reprises customisées de standards du rock. C’est d’ailleurs une composition originale qui leur vaut leur premier tube international. Moskow diskow en français et en anglais devient un des maxis favoris des discothèques du monde entier. Voilà maintenant Telex reconnu au niveau des Allemands de Kraftwerk comme l’avant-garde musicale de la décennie qui arrive.

Des jeunes Anglais vont s’inspirer d’eux pour créer le son et les rythmes de leurs premiers disques. Ainsi naîtront OMD et Depeche Mode.

Mais le plus inattendu de leurs fans est très certainement l’Américain Bill Gibbons. Il a découvert Telex en entendant Moskow diskow dans une boîte de Monaco lors du Grand Prix de formule 1 dont il est un accroc. Bien qu’étant un des piliers du monde du blues avec son groupe ZZ Top, le musicien qu’il est, est frappé par le côté révolutionnaire mais populaire de la musique des petits Belges. Les fans de ZZ Top ne vont pas en revenir cette année-là avec leur nouvel album qui introduit non seulement un synthé par-ci par-là mais surtout le vocoder.

Quelques temps plus tard, enfin de passage à Bruxelles, Gibbons rend visite à Dan Lacksman dans son studio pour y découvrir le Fairlight, un synthé qui permet de sampler des sons acoustiques et de les jouer sur un clavier. Il va, bien sûr, en acheter un et quelques mois plus tard, propulser ZZ Top au sommet.

Bonus, la vidéo de Moskow Diskow (1979) :