La Story in Belgium (31) : Jean-Luc Fonck, le premier poète pouet

par Brice Depasse

CDBESTOFBELLa séuqnece antenne :

 

Cela fait plus de vingt ans que les tournées françaises de Sttellla s’étalent sur des mois. Quant au Canada, Jean-Luc Fonck en est à plus de 20 tournées.

Mais cela n’a pas toujours été comme ça. Vous vous en doutez, il y a eu un début.

En 1988, STTELLLA existe déjà depuis 13 ans mais n’a jamais joué en France. C’est encore un groupe amateur me diront les fidèles. Et ils ont raison. Amateur dans tous les sens du terme. Car il faut aimer ce qu’on fait pour payer un studio de sa poche pour enregistrer un album, le faire presser soi-même, dessiner la pochette, la faire imprimer, mettre les disques dans les pochettes et ensuite aller les porter chez les disquaires en leur demandant de les prendre en dépôt.

Voilà donc le soir improbable où STTELLLA donne son premier concert à l’étranger. Oh ils ne sont pas allés bien loin. Lille. Mais en cette époque reculée où internet et la communauté européenne n’a pas encore aboli les frontières, le Concert de STTELLLA dans ce Cafe-Conc’ est plus cher que ceux donné par des Français les autres semaines. C’est un groupe étranger, donc le prix des places passe de 15 à 20 FF. L’écriteau fait bien rire Jean-Luc, tout comme le gars qui se pointe après la représentation pour lui proposer de jouer à Montréal.

Ce n’est pas le premier huluberlu à venir dans la loge pour lui promettre monts et merveilles, bercé par l’enthousiasme de ce qu’il vient de voir. Et je ne compte pas les propositions de comptoir au bord de la xième chope au plus profond de la nuit. Mais quelle n’est pas la surprise quelques temps plus tard de recevoir un appel de Montréal. Tout cela est donc bien vrai. Les Gangsters d’Amour seront d’ailleurs aussi du voyage. De plus, ce n’est pas un plan foireux. Le festival international rock de Montréal, ce n’est pas du pipeau. Chaque jour possède sa thématique. Sauf le dernier qui sert de fourre-tout et dans lequel on colle tous ceux qui ne vont pas ensemble.

Ainsi ce soir, à l’affiche du Spectrum de Montréal, un théâtre de la taille de l’Ancienne Belgique, retrouve-t-on Noir Désir, Sttellla et Les Garçons bouchers. Jean-Luc avec sa partenaire Mimi, ses deux choristes, son synthé et sa boîte à rythme jouent alors une musique à des lieues de celles des deux autres formations post-punks. Et pourtant, Sttellla fait un malheur devant le public canadien. Tellement que François, le patron des Garçons Bouchers signera Sttellla, Boucherie productions, et leur fera passer la vitesse supérieure. Finies les productions maison qui sonnent pouet pouet, bonjour les longues tournées françaises de concert mais aussi de promotion parisienne.

Jean-Luc (Fonck) est ainsi très étonné de voir Jean-Luc (Delarue) animer debout dans le studio où il vient de rentrer. Tout aussi étonné d’ailleurs de voir qu’il y a du public. Enfin pas vraiment. Il y a assez bien de monde mais de l’autre côté de la vitre, comme la Cour du roi soleil.

Alors Jean-Luc Fonck, quel beau prénom, ha ha ha ?

Aucune récation.

C’est formidable de recevoir des Belges, nous sommes d’ailleurs fort écoutés en Belgique.

Mais pas du tout, lui répond, Jean-Luc, personne ne vous écoute en Belgique, ha ha ha.

L’interview s’arrête là. Au revoir et merci. Fin de la carrière de Sttellla sur Europe 1. Ce qui fait pousser à François un beau Ah bravo hein à Jean-Luc en sortant du studio. Les Parisiens n’ont encore rien vu !