La Story in Belgium (32) : Axelle Red (2)

par Brice Depasse

Axelle-Red-2Le podcast :

Fin des années 90, Axelle Red est une des artistes les plus en vue de France.

La petite Belge qui a appris le Français en regardant les films de Louis de Funès a atteint le million d’exemplaires avec son deuxième album (A tâtons) dont plus de 600.000 rien qu’en France. On serait d’expliquer le phénomène par la place de femme enfant laissée vacante par France Gall mais c’est beaucoup plus que cela.

Il y a tout d’abord la musique qui plante ses racines dans l’Amérique soul du début des années 70. Studios et musiciens américains dont quelques légendes, voilà la recette de production des chansons d’Axelle Red. On retrouve ici Steve Cropper, ancien Blues brothers, ancien Mar-Keys et surtout compositeur et producteur du Dock of the bay d’Otis Redding dont Axelle est gaga.

Trois ans et 200 concerts plus tard, Axelle confirme ce succès avec Toujours moi. Comme le titre l’indique, rien n’a changé : elle est toujours amoureuse de celui avec qui elle sort depuis la fac de droit à la VUB et s’est d’ailleurs mariée avec lui l’année précédente, au Maroc s’il vous plaît. 

Toujours elle, Axelle parle cash dans ses interviews. Elle dit toujours la vérité même si ce n’est pas à son avantage. Une qualité. Et donc on se demande si sa chanson Faire des mamours, c’est aussi du vécu.

Même s’il se vend un peu moins que le précédent, on parle encore de 600.000 copies pour cet album à nouveau américain derrière lequel nous retrouvons rien moins qu’Isaac Hayes. Pionnier du son soul des 70’s, pape du mythique label Stax, Isaac Hayes reçoit même la visite de Michael Jackson au cours de l’enregistrement de l’album. Accompagné de sa femme, Lisa-Marie, il est présenté à Axelle qui se retrouve, petite Belge en compagnie du roi de la Pop et de la fille du King. En guise de souvenir, non pas une photo pour Facebook mais, bien mieux, ce duo avec Isaac Hayes et un album somptueux.

Toujours cash, Axelle Red ne cache pas sa passion pour le football. Et bien avant une autre Axelle qu’on a beaucoup vu cet été, notre égérie rouge attire pour de meilleures raisons les regards du monde entier en compagnie de Youssou’n’dour lors de la cérémonie d’ouverture de la coupe du monde dont elle chante l’hymne officiel.

Si elle se fait plaisir grâce à son succès en côtoyant les stars de la musique qui a bercé son enfance et son adolescence, Axelle s’engage très tôt pour des causes humanitaires. Devenue ambassadrice de l’UNICEF, elle est partout et pas seulement dans les salons des ambassades et des organisations internationales. On la voit sur le terrain là où l’enfance est maltraitée comme à Haïti, au Laos, au Cambodge, au Congo, au Niger ou encore en Thaïlande.

Cet engagement se retrouve de plus en plus dans ses chansons comme dans celle-ci qu’on a beaucoup entendue en 2004 … et dont les paroles valent leur pesant de Renaud en compagnie de qui deux ans plus tôt elle s’est retrouvée N°1 pour la meilleure des causes : dénoncer la connerie sauvage des hommes.