La Story in Belgium (40) : Lara Fabian

par Brice Depasse

Lara Fabian 10 1200x900Le podcast de la séquence antenne :

Je me souviens avoir vu des gens critiquer Lara Fabian en voyant une vidéo d’elle où elle parlait du Québec comme de son pays, voyant en elle une artiste qui est de partout du moment qu’on l’achète. Et bien ces gens sont mal renseignés car Lara Fabian est bel et bien canadienne devant la loi.

Lara est née Crockaert, du nom de son père Pierre, un Flamand établi à Etterbeek en 1970. Sa mère, Maria Luisa, elle, est italienne.

Elle vit cependant ses cinq premières années en Sicile avant de revenir en Belgique. Son père, musicien, lui fait suivre, toute petite, les cours de musique à l’académie : chant puis plus tard solfège, piano, théâtre et, enfin, au conservatoire, le chant lyrique.

A quatorze ans, Lara chante déjà dans des pianos-bars, notamment le Black Bottom à Bruxelles, dont certains d’entre vous se souviennent certainement, où elle est accompagnée par son papa à la guitare. C’est l’époque des concours et des tremplins dont celui du Festival de Wallonie qui lui permet d’enregistrer un premier 45 tours à l’âge de 16 ans.

Deux ans plus tard, elle représente le Luxembourg au Concours eurovision de la chanson. Non seulement elle termine en quatrième position mais de plus, son disque se vend à plus d’un demi-million d’exemplaires à travers tout le continent.

Après avoir abandonné des études de Droit, Lara qui a, dois-je vous le dire, choisi le pseudo de Fabian, chante au Crescendo, un piano-bar de Bruxelles, où elle est remarquée par un jeune musicien, guitariste, répondant au nom d’Eric Vleminckx. A 26 ans, Rick qui ne se fait pas encore appeler Allison a déjà une certaine expérience grâce à ses prestations au Morgan Studio (devenu le Studio Molière).

Les deux jeunes artistes se mettent à écrire ensemble des chansons. Au cours de la promo de ce titre (Je sais) à Montréal, ils tombent amoureux du Québec et se disent qu’il sera plus facile de percer dans ce pays proche de l’Amérique où les artistes locaux sont décidément mieux considérés qu’en Belgique (Ca c’est moi qui le dit mais je pense qu’ils ne me contrediront pas).

Mais rien n’est simple même au Canada quand on débute. Le spectacle piano-voix où Lara donne tout son talent ne suffit pas à décrocher un contrat avec une maison de disques. Avec la foi et l’inspiration de leur jeunesse, ils créent donc leur propre label pour sortir le premier album de Lara, qui est un succès. 50 puis 100.000 exemplaires : disque d’or puis platine.

L’album suivant consacre Lara au Canada qui au terme de 200 spectacles obtient la citoyenneté canadienne et travaille, en 1995, sur ce troisième album qui va bientôt raser tout sur son passage en France et en Belgique.