La Story in Belgium (8) : Philippe Lafontaine

par Brice Depasse

LafontaineEpoqueOmnivoreEn attendant le retour imminent de Philippe Lafontaine avec de nouvelles chansons, je vous propose un retour aux sources puisque nous démarrons cette story en 10 av. CL (Coeur de loup) voire bien avant.

 Je me souviendrai toujours qu’en 1989 lors de répétitions avant son spectacle au Cirque Royal, Lagaf’ chantait le tube d’un nouveau chanteur belge qu’il adore, me dit-il. Ca commençait comme ceci :...

Nouveau chanteur ! Drôle pour un gars qui avait sorti son premier album et ce titre en Belgique dix ans auparavant. Je vous raconte …

Philippe Lafontaine, Flupke De Pomp, traduirait notre ami Bart De Wever, est né dans la région de Charleroi à Gosselies en 1955. Dix-sept printemps plus tard, il quitte l’école pour se lancer dans la chanson, un art qu’il travaille depuis 5 ans déjà. Précoce, le Philippe, qui chante beaucoup, même en wallon, paraît-il.

La guitare en bandoulière, on verra le jeune homme à Genève, Ibiza, Londres et à Bruxelles, bien sûr, où il se lie d’amitié avec le batteur des Eagles. Oui, les Américains nous ont tout piqué car les Eagles étaient un groupe de bal des années 60 et qui a même accompagné Marc Aryan à la fin de la décennie. Son batteur se nomme Yvan Lacomblez et va en 1972 devenir le percussionniste du Two man sound sous le nom de Pipou.

Pendant plus de dix ans, Pipou et Lafontaine vont se produire partout dans des spectacles mêlant chanson et humour décalé avec quelques morceaux de bravoure comme la cabine de bains et un medley dans lequel Lafontaine interprète ses meilleures chansons de pubs. Oui mesdames, messieurs, dans les années 80, nous entendons plus ses publicités que ses disques, un comble tant on ne trouverait plus personne depuis 25 ans pour nier le génie de cet artiste.

1978 voit la sortie de Où ? le premier album de Philippe Lafontaine ainsi qu’un 45 tours, oh ce n’est pas le premier, nommé Cœur de loup. Et ouiiii. Un titre qui ressortira dix ans plus tard sur une compilation belge célébrant 15 ans de carrière, disque qui viendra polluer la sortie triomphale du premier album français de Lafontaine en France.

La question est : comment a-t-on pu ignorer Philippe Lafontaine durant toutes ces années car Fa ma no ni ma, Tamisez Londres et Paramour sont bien tous sortis au milieu des années 80 dans l’indifférence médiatique et publique. Oui, il lui faut attendre 1989 pour qu’une de ses chansons devienne un méga tube et qu’elle récolte ici une Victoire de la Musique et là-bas un Félix. La tournée qui s’ensuit est phénoménale, un triomphe qui l’oblige en certains endroits à doubler, voire à tripler des dates qui sont systématiquement soldout. Une folie que sa participation malchanceuse et ratée à l’Eurovision cette année-là ne viendra pas égratigner puisque son album enregistre un deuxième énorme succès : Alexis m’attend.

Ce triomphe qui vaut à Lafontaine d’être de tous les plateaux de variétés alors triomphants à la télévision française ne monte pas à la tête du chanteur. A la limite, cela le dérangerait même. Ce qui compte pour lui c’est de chanter ce qui l’inspire devant un public qui est venu pour ses disques et parce qu’il l’a vu à la télé avec un tel ou un tel.

L’album qu’il sort trois ans plus tard, une éternité à l’époque, remet les pendules à l’heure comme l’humour qu’il affiche pour la promo de L’amant tequila dans les promos télés avec ses deux choristes mariachis qui semblaient pourtant sortis de la place du jeu de balle.

Bonus : le clip de Coeur de loup :