La Story in Belgium (9) : The sound of the Confetti's

par Brice Depasse

CONFETTISAprès avoir été la première terre d'exportation du rock anglais, la Belgique est devenue avec Telex la patrie de la musique de danse électronique. Quelques années après, notre pays lance une nouvelle musique, nouvelle mode : la New Beat.

Toute une époque que nous raconte Brice Depasse :

La Belgique a de tout temps été une terre d’asile ou de courant pour la musique populaire. Barbara et Georges Moustaki jouaient dans la Petite rue des bouchers au début des années 50, Pink Floyd dans des cafés d’Anvers et de Bruxelles la décennie suivante, Genesis donnait ses premiers concerts à l’étranger dans la campagne flamande début 70, Orchestral manœuvres, Simple Minds et U2 connurent d’abord de petites salles bruxelloises et gantoises au début de leur aventure internationale à l’orée des années 80.

Les années 80 ! Elles sont essentielles dans l’histoire de notre musique belge et de son rayonnement à l’étranger.

Tout part d’un trio nommé Telex qui pour la première fois fait danser dans les discothèques du monde entier avec un Moskow Diskow qui inspire le trio ZZ Top et que le quatuor Depeche Mode cite encore dans ses références.

La Belgique devient donc naturellement la patrie de la musique électronique, dérivée de la new wave. Elle voit sa scène underground influencer toute l’Europe avec des groupes comme Front 242 ou Neon judgement qui vont faire la joie d’un label belge : Play it again Sam. Le nom qu’ils ont donné à leur genre musical est l’EBM : electro body music.

C’est en ramenant leurs maxi 45 tours à 33 tours qu’ils accélèrent légèrement que des DJ d’une boîte gantoise nommée le Boccaccio créent une nouvelle musique de danse : la New Beat.

L’accueil du public rendu fou par ces chipotages trouve vite une voie commerciale. Des producteurs, propriétaires de studios reprennent ces rythmes minimalistes sur lesquels ils plaquent au début n’importe quoi comme gimmick. C’est ainsi qu’on entend crier ces fameux aciiiiid ecstasy pas très catholiques très prisés par les night clubbers. On se souvient du sampling du discours de Mobutu ou encore de la conférence de presse de Van Den Boeynants. Tout cela étant très limite ces producteurs inventent des noms d’artistes farfelus et s’en amusent tellement qu’ils changent d’ailleurs de disques en disques : rappelez-vous de BSR, des Bassline boys, Sacher Musak ou encore des Confetti’s.

Les Confetti’s sont de loin la plus grande réussite commerciale de la New Beat.

A l’origine, il s’agit de créer un événement pour faire connaître la discothèque du même nom, située à Brasschaat près d’Anvers. Serge Ramaekers qui travaille sur la campagne publicitaire propose à un serveur de ce club d’en être l’image. Les Confetti’s naissent donc du recrutement de quatre danseuses autour de Peter Renkens. Leur visage va s’imprimer sur des centaines de milliers de singles.

Pour le look, il ne faudra pas chercher loin, Peter collectionne les uniformes de la police belge.

Pour le clip, vous organisez une pagaille au milieu d’un carrefour du centre d’Anvers que vous filmez en musique et c’est parti. Coup de pub réussi.

Les Confetti’s dépassent rapidement des murs des boîtes de nuit pour la télé et la radio et Sound of C se vend à 300.000 exemplaires. La mode New Beat est lancée, bientôt sortiront des dizaines de singles dans ce genre donnant à la musique populaire de nouvelles couleurs puisqu’elle va engendrer la techno.