La Story Louis Chedid

par Brice Depasse

CHEDIDLe podcast de la séquence :

Un des hits les plus remarqués de 1981 est sans nul doute celui de Louis Chédid, « Ainsi soit-il ».

Non seulement cette somptueuse chanson est la première à adopter le son des synthés de la new wave des Human League et Depeche Mode mais bien au-delà, c’est son texte qui nous accroche tous, résumant notre existence à la durée d’un film avec cette conclusion : elle est terriblement courte.

Le coup de génie est d’utiliser tous ces termes techniques du cinéma que nous connaissons. Moteurs, caméra zoom avant, travelling, fondu enchaîné sont aussi des mots familiers dans le vocabulaire de Louis Chédid. Le cinéma, c’est son premier métier.

Français d’origine libanaise, Louis est né, comme Claude François à Ismaïla, au bord du canal de Suez. Mais contrairement à Cloclo, il a à peine six mois quand ses parents emménagent à Paris. A l’école, Louis se révèle être un cancre. Avec un père médecin et chercheur, une mère écrivain, c’est un comble si on s’en tient au proverbe selon lequel les chiens ne font pas de chats.

Mais Louis n’est pas en retard pour autant car il est passionné par les livres, le cinéma et la musique. Il est ainsi membre de la chorale des Petits chanteurs à la croix de bois. Après avoir réussi à obtenir son bac, quand même, vous voyez il ne faut jamais désespérer de ses enfants, Louis s’inscrit à l’école de cinéma à Bruxelles, l’INRACI.

Voilà donc le jeune Louis Chédid lancé dans le cinéma : il réalise quelques courts métrages et gagne sa vie en exerçant le métier de monteur. Il faut faire vivre la petite famille puisque sa femme, Marianne, lui a donné une fille, Emilie, en 1970 et un an plus tard, un fils, Mathieu.

A ses heures, Louis continue de composer des chansons comme il le fait depuis son adolescence, parfois avec sa mère qui lui écrit des textes. C’est ainsi qu’en 1973, alors qu’il est devenu chef monteur à la Gaumont, ses chansons sont remarquées par François Bernheim. Ancien complice de Violaine et Véronique Sanson dans Les Roche Martins, Bernheim est devenu directeur artistique chez Barclay. Ancien des Petits chanteurs à la croix de bois, comme Chédid, il a lancé avec succès les Poppys.

Balbutiements, le premier, album de Louis Chédid ne fait pas le même carton, c’est le moins qu’on puisse dire. Recalé, chez Barclay, il rentre chez CBS par l’entremise de l’excellente Rolande Bismuth qui s’occupe de la superstar du moment, Michel Fugain.

Louis sort donc trois albums successivement sans le moindre retentissement. Mais sa patience ainsi que celle de CBS est récompensée quatre ans plus tard avec le très joli single 45 tours La belle et surtout T’as beau pas être beau dans lequel le petit Mathieu, six ans, participe aux chœurs … (quand je vous dis que les chiens ne font pas de chats, la preuve : son père Louis est passionné par la guitare).

En 1980, Chedid confirme son succès dans le registre de chanteur si pas comique de qualité, en tout cas qui vous donne la banane. La surprise n’en est donc que plus grande quand Chedid met dans le mille avec ce titre qui fait de notre vie un film dont on ne verra jamais la fin et que seul celui qui prendra notre place verra.

 Bonus VHS :