La Story Manau

par Arnaud Hubert

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Manau comme presque tous les groupes et artistes de rap aura été le phénomène d’un album. Et quel album puisque Panique celtique a trouvé plus d’un million d’acquéreur à la fin des années 90, emmené par deux singles qui ont culminé au somment du Top 50.



Il faut dire que pour le coup les musiciens de Manau ont réellement innové dans un genre qui commençait sérieusement à tourner en rond : y mêler la musique traditionnelle de la Bretagne, bref un truc de racines auquel ni les Français ni les Belges ne pourraient résister.

Manau c’est avant tout un duo : Martial Tricoche et Cédric Soubiron. On est très loin des DJ Machinchose, Mike Brol ou encore Aka-Z bazar.

Le rap américain et français, ils connaissent : Cédric est animateur et programmateur musical sur Skyrock, une des plus grandes radios jeunes de France.

Martial, lui, vient de tomber dans le chaudron de ses origines bretonnes en découvrant le fameux livre de Jean Markale alias Jacques Bertrand, L’épopée celtique d’Irlande. Les deux jeunes gens décident donc d’écrire un morceau qui parlerait de ces fameuses tribus arthuriennes.

Cédric a alors l’idée de sampler le plus grand des musiciens celtiques, celui qui un peu moins de vingt ans plus tôt avait réussi l’exploit d’être en tête des ventes d’albums en reprenant le répertoire celtique sur des instruments anciens : Alan Stivell. En parlant des anciens, certains d’entre vous se souviennent peut-être d’Alan Stivell dans les émissions de variétés de Guy Lux et même dans l’émission Feu Vert. On l’a vu partout. Il chantait d’ailleurs ceci : C’est un air folklorique, donc il ne devrait pas y avoir de problème de droits d’auteur se dit le duo. Et pourtant … l’arrangement de sitare est d’Alan Stivell. Pas de chance, ils auraient du lui demander son autorisation, ce qu’ils n’ont pas fait. Alan Stivell sera choqué, refusera son autorisation mais devant l’immense paquet d’argent, leurs agents et hommes de loi trouveront un accord.

Bref, le duo a trouvé un troisième larron, celui qui chantera. Il se nomme Hervé Lardic, qui est Breton comme eux et joue dans un groupe nommé Mean White que Cédric a repéré chez Skyrock. Ils se sont trouvé un nom, Manau, celui d’une des îles anglo-normandes, la plus célèbre d’entre elles qui aujourd’hui a perdu son nom gaélique au profit de l’ile de Man.

La Tribu de Dana sort au printemps 1998. Le succès ne se fait pas attendre vu l’originalité et la force évocatrice du texte. N°1 du Top 50 pendant trois mois, le single se vend à 1 million 700 mille exemplaires en France mais ne s’arrête pas aux frontières : N°1 de l’Ultratop, il est aussi N°4 en Flandres, N°2 en Hollande, bref N°5 en Europe (oui il y a un classement Eurochart. Depuis une vingtaine d’années déjà).

Manau n’en reste pas là avec le succès puisque Mais qui est la belette sera aussi N°1 dans la foulée ? et leur album disque de diamant.