La Story Robin Beck

par Brice Depasse

ROBIN-BECK-Nice1Pour la première fois, voici La Story de la belle Robin Beck, l'interprète de First time (ça tombe bien !) :

En 1988, cela fait quelque temps que le monde de la pub a compris que l’association entre un produit et un tube est le moyen ultime pour vendre. Et si le tube touche la jeunesse, il permet de lier celle-ci au fameux produit pour toute leur vie. Le genre de truc qu’il ne faut pas expliquer aux fabricants de chewing gum et autres boissons sucrées.

Aussi, il est temps de passer la vitesse supérieure ; créer un tube à partir d’une pub. Là, on n’est plus tributaire du bon vouloir des programmateurs radio et de clips à la télé puisque les ayant achetés, on est sûr que le morceau va passer, va être matraqué. Reste à ce que ça soit porteur de sens pour toucher émotionnellement et donc définitivement la cible. C’est alors qu’astucieusement, la plus grande multinationale de soft drinks décide d’associer son produit phare historique au premier amour, premier coup de foudre. Ce qu’il y a de génial, c’est que ce premier émoi peut se décliner à l’infini et surtout se résumer à un plan de deux-trois secondes. Du pain béni pour les publicitaires.

Reste à trouver la chanson.

On va donc avoir droit à La toute première fois. En anglais ça se dit The first time.

Et si l’interprète est une très jolie femme, c’est encore mieux. Il s’agit en l’occurrence d’une Américaine de 34 ans. Elle est new-yorkaise et a déjà pas mal d’années d’expérience derrière elle : Robin Beck est en effet choriste. Elle a au cours des années septante et quatre-vingts accompagné des chanteurs aussi différents que Leo Sayer ou Chaka Kahn. Sa voix est donc superbe et maîtrisée pour interpréter cette chanson aux paroles toutes simples puisqu’elle cible les ados. Quant à la chanson, produite par Desmond Child, à qui on doit entre autres I was made for loving you de Kiss ou Livin’ on a prayer de Bon Jovi, elle est d’une efficacité rare.

Dix ans après un premier album solo qui n’avait pas marché, Robin Beck débarque donc à la télévision dans les écrans publicitaires et intelligemment dans les bacs des disquaires sous la forme d’un single sur lequel figure bien évidemment la fameuse marque. Si le disque ne fonctionne pas aux Etats-Unis où l’indigestion publicitaire dure déjà depuis les années 50, en Europe, il fait un malheur puisqu’il est N°1 presque partout et notamment en Angleterre où il restera trois semaines durant les fêtes de fin d’année. Malheureusement pour la belle Robin Beck, ce hit restera sans lendemain excepté en Allemagne et en Suisse où elle connaîtra un autre grand hit.

Restent les deux clips qui tournent encore sur Youtube dont les couleurs, rétro éclairages et les coiffures en pétard vintage ne sont pas les moindres atouts