La Story Sinead O'Connor

par Arnaud Hubert

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Lorsque nous découvrons son visage en plein écran dans un clip, en 1990, il nous apparaît que ce qui se passe derrière ces traits fins et la boule à zéro ne doit pas être simple.



Déjà son nom n’est pas simple, qu’elle me pardonne, Sinead O’Connor. On n’est pas accoutumé aux purs noms gaéliques et à leur prononciation. C’est là qu’on voit apparaître déjà un peu de ce qui sépare la culture des Irlandais et celle des Anglais.

Derrière ce hit phénoménal qui en plein été est numéro partout dans le monde sauf en France et en Wallonie, où il est quand même N°5 et N°3, derrière ce hit donc se cache une personnalité ravagée par une enfance compliquée.

Sinead est née dans une famille de cinq enfants très catholique. Son père, Sean O’Connor est avocat et sa mère est femme au foyer. Mais le couple s’étant marié très jeune, trop jeune, les relations conjugales sont très conflictuelles, tant et si bien que les parents O’Connor divorcent, un drame en Irlande, alors que la petite Sinead n’a que huit ans. Les trois enfants les plus jeunes vivent avec leur mère. Mais selon ses dires, elles ne sont pas bien traitées : la violence y est fréquente.

Aussi, à l’âge de 13 ans, Sinead quitte sa mère pour vivre avec son père qui, lui, s’est lancé dans un combat public pour que les pères puissent obtenir le droit de garde de leurs enfants. Mais tout ne se passe pas très bien non plus. Sinead brosse l’école, se fait arrêter pour vols. Cela ne peut pas durer ainsi. Sean place sa fille dans un établissement spécialisé pour enfants en difficulté, les Sœurs du Bon-Pasteur.

Si Sinead y apprend la musique, elle qualifiera dans ses interviews sa vie de véritable cauchemar dans l’institution où elle avait droit aux traitements pour enfants rebelles. Elle en parlera dans une chanson sur son premier album (fire on Babylon).

En 1983, son père l’envoie dans un internat moins strict où Sinead continue de faire preuve de solides prédispositions pour la musique. C’est là qu’elle va notamment enregistrer ses premières maquettes grâce à son professeur de langue maternelle.

Il ne se passe pas un an avant que Sinead ne forme son groupe qu’elle appelle les Ton Ton Macoute du nom de la milice du dictateur Haïtien rendue tristement célèbre pour l’usage de ses machettes.

Février 1985, Sinead apprend la mort de sa mère dans un accident de voiture. Même si elle était restée en mauvais termes avec elle, c’est un nouveau choc. Quelques temps plus tard, elle quitte son groupe pour chanter seule. Sinead a rencontré un membre de l’équipe de U2 qui devient son manager.

A 20 ans, elle se retrouve avec un contrat de disque qui lui permet d’enregistrer le disque qu’elle veut. Résultat : onze semaines en tête du hit parade irlandais.

Pour l’album suivant, elle décide d’enregistrer un titre que Prince a écrit pour un des petits groupes satellites et dont personne n’a entendu parler. Sa version toute personnelle et surtout les propos violents qu’elle tient en interview n’auront pas l’heur de plaire à Prince. Selon Sinead, ayant répondu à son invitation, elle quittera sa maison en courant vers 5 heures du matin car, dit-elle, il a une poigne plus solide.