La Story Kate Bush

par Brice Depasse

KATE BUSH 1980
Automne 1980, ça fait un bout de temps que nous sommes sans nouvelles de Kate Bush en Belgique. Presque deux ans. Et pour une fille qui en 1978 avait sorti deux 33 tours, ça fait le temps long.



Emmené par le hit Wuthering heights, son premier album a fait un carton plein en Europe tous pays confondus. Par contre le deuxième opère un repli complet partout SAUF en Grande-Bretagne où Kate Bush est déjà un véritable phénomène. Sa tournée s’est jouée à guichets fermés et ses shows télés ont fait un malheur sur la BBC. Du coup, en 1980, ses deux albums figurent toujours dans le top des ventes quand paraît le troisième que nous, les fans, attendons avec des langues jusque par terre.

Le moins qu’on puisse dire est qu’on n’est pas déçu par l’attente.

La magnifique pochette illustrée représente la petite nymphe dans un paysage sombre, la robe battue par le vent dont sort un multitude d’animaux et de monstres venus tout droit d’un conte genre « L’enfant et les sortilèges. »

Seul bémol, pas de photo de la belle Anglaise dont la grâce en a ému plus d’un.

C’est pour mieux vous surprendre, messieurs, puisque dès le premier titre du disque, premier single et premier clip, Kate Bush va mettre tout le monde d’accord sur sa plastique, son charme et son talent d’artiste.

La chanson se nomme Babooshka et comme beaucoup de ses chansons, elle semble tout droit sortie d’un film.

Ca raconte l’histoire d’une épouse qui vit mal les années qui passent. Nostalgique des premiers temps de la passion avec son mari, elle lui écrit des mots anonymes qu’elle signe Babooshka, lui laissant croire que la mystérieuse admiratrice est beaucoup plus jeune.

Comme le mâle mord à l’hameçon, elle décide de pousser le jeu plus loin en lui donnant rendez-vous sans savoir que celui-ci est mu par la curiosité tant ce qu’il lit lui rappelle sa femme dans ses jeunes années.

Sur le clip vidéo, Kate Bush apparaît en deuil, habillée de noir avec une voilette, accrochée à une contrebasse qui symbolise le mari. Babooshka est par opposition, un être de lumière peu vêtu mais spectaculairement original, mélange de guerrière et d’Anna Karenine.

Et là, c’est le déclic. Kate Bush vend deux fois plus de 45 tours en France qu’en Angleterre. Par contre, son album atteint la première place du hit britannique. Kate réalise ainsi ce qu’aucune artiste féminine n’avait encore jamais réussi dans son propre pays.

Pour la petite histoire, elle rira bien lorsqu’en tournée elle apprendra que Babooshka en russe signifie « Grand-mère ». Elle est encore loin d’y ressembler.