La Story Lenny Kravitz

par Brice Depasse

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Lorsque nous découvrons ce titre à la radio en 1990, nous sommes bien sûr loin de nous douter que l’artiste qui l’interprète va devenir un des ténors mondiaux du rock et de la pop.

Ca swingue et ça sonne pas mal du tout mais surtout ça évoque un groupe américain du début des années septante.

Et pour cause, Lenny Kravitz va jouer durant toute sa carrière la carte du vintage rock et soul comme personne. Il sera plus tard rejoint par des Quentin Tarantino et autres Oasis lançant définitivement un courant rétroactif.

Mais Lenny Kravitz n’est pas un artiste qui crée une mode pour se trouver un public. La musique qu’il joue (si possible sur du matériel d’époque), c’est parce que ce type vit sa propre nostalgie. Né à Manhattan en 1964, il baigne dans la musique soul qu’écoute sa mère afro-américaine.

Quant à son père, un Juif russe d’Ukraine comme Gainsbourg, il organise des concerts de jazz. Ainsi le petit Lenny croise-t-il à la maison Miles Davis, Count Basie ou encore Ella Fitzgerald. Duke Ellington lui interprètera Happy birthday pour ses six ans et un an plus il verra les Jackson 5 à Madison Square Garden.

A l’âge de dix ans, Lenny émigre vers Los Angeles avec ses parents car sa mère joue dans une série, les Jefferson, qui va rester à l’antenne durant dix ans.

C’est en Californie que l’adolescent qu’il est découvre les Beatles, Kiss, Led Zeppelin, Bob Marley, Queen et les Who.

Lenny depuis son plus jeune âge veut devenir musicien. Il a commencé par taper sur des pots dans la cuisine à l’âge de cinq ans avant de passer sur une vraie batterie puis la guitare.

Encouragé par ses parents dans la voie musicale, il a fréquenté l’école supérieure de Beverly Hills réputée pour sa section artistique. Ses potes de classe se nomment Nicolas Cage et Slash, futur guitariste des Guns’n’Roses.

Lenny ne se voit pas star comme ses camarades : il pense qu’il va devenir musicien de studio, jouer avec d’autres artistes. Mais c’est difficile une fois sorti des études de trouver du boulot quand on n’est pas connu. Le mieux est peut-être de montrer ce qu’on sait faire en enregistrant quelque chose. Lenny enregistre une maquette qu’il fait écouter dans des maisons de disques.

Mais personne ne veut de lui.

« C’est pas assez black comme musique, c’est pas assez blanc, votre truc. » Oui, il y a des cons partout. On peut le dire car dans les années 80, la musique s’est métissée depuis belle lurette. Mais peut-être pas assez. C’est vrai que des noirs qui font du rock, on n’en a peu vu : Jimi Hendrix, Miles Davis, les Mother’s Finest, c’est tout.

Aussi Lenny entreprend-il de produire lui-même son album. Il met un et demi pour le faire. Papa paie les heures de studio. Il n’a pas fait un mauvais investissement puisque c’est un carton.

Mais en Europe seulement. Pas à la maison. Il faudra attendre une production de Madonna, de Vanessa Paradis et un nouvel album pour être reconnu chez lui, en haut du Billboard.