Lalo Schifrin, le jazzman de la B.O.

par Brice Depasse

LALO SCHIFRINLe podcast de la séquence :

De tous les compositeurs légendaires de musiques de films, Lalo Schifrin est sûrement celui dont les partitions sont plus célèbres que le nom. Car aucun d’entre vous n’ignore ce que cet argentin d’origine juive a composé durant sa brillante carrière.

Né dans les années 30 comme ses confrères John Williams et John Barry, le petit Lalo est un enfant de la musique. Son père est second violon dans l’orchestre d’un prestigieux théâtre. Il doit donc apprendre la musique et suit les cours à Buenos Aires d’un certain Enrique Barenboin qui n’est autre que le père de Daniel Barenboin futur plus grand chef d’orchestre de ces trente dernières années.

Malgré le fait qu’il fasse l’université où il apprend la sociologie et le droit, Lalo reste branché musique. Il va même suivre des cours au Conservatoire de Paris auprès des plus grands au début des années 50. Conservatoire le jour, St Germain des prés la nuit, Lalo joue du piano dans les clubs de jazz.

Il a trouvé sa voie. Ainsi revenu en Argentine, il forme un big band de jazz avec lequel il se produit en spectacle, enregistre des disques et accompagne des show télés argentins.

Mais il est difficile d’en vivre aussi se sépare-t-il de son band et se retrouve en 1960 à New York où le grand Dizzy Gillepsie avec qui il a travaillé lors d’une tournée en Argentine l’engage comme pianiste.

Les enregistrements qu’il sort avec ce dernier le font remarquer et engager par la MGM en 1963. A partir de là, Lalo Schifrin travaille sur des musiques de films comme le Kid de Cincinatti avec Steve McQueen mais aussi de séries.

Ainsi en 1967 compose-t-il le générique qui va le rendre célèbre et riche, Mission impossible. La demande est telle qu’un 33 tours est publié. Pour une série télé, un feuilleton, c’est dingue, comme la série qui va être diffusée pendant six saisons. Le succès est tel qu’on en oublie celle qui compose l’année suivante pour Mannix et qui paraît aussi en 33 tours.

Tous les fans de Kung-Fu de l’époque se souviennent également de lui car Lalo Schifrin compose la BO de Enter the dragon, le seul film américain tourné par Bruce Lee.

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Mais ce n’est pas tout. Loin de là. Tout compositeur entre dans la légende en rencontrant un réalisateur avec qui le travail sera tellement fusionnel qu’on se demande qui est redevable à qui. Ainsi de Luc Besson et Eric Serra, Steven Spielberg et John Williams, Morricone et Sergio Leone ou encore Henry Mancini et Blake Edwards.

Pour Lalo Schifrin, la rencontre déterminante se nomme Don Siegel. Il projette de tourner un film avec l’acteur principal d’une série américaine, Rawhide, mais qui vient de faire un tabac en Europe avec des westerns : Clint Eastwood. La musique de l’Inspecteur Harry va influencer toute une génération de compositeurs américains.

Je passerai rapidement sur les succès de Lalo Schifrin comme la musique de Starsky et Hutch, la vraie, l’originale pour conclure avec la plus mythique de toutes, celle qu’il écrit en 1968 pour Steve McQueen, le chef d’œuvre de Peter Yates et qui va se vendre par camions pendant 20 ans : Bullit 

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