Les N°1 de Noël : Dans la maison vide (Michel Polnareff)

par Brice Depasse

Polnareff-Maison

Automne 1969, deux ans après Sgt Pepper, des violons s’accordent dans un studio de Londres, non pas pour les Beatles mais pour Michel Polnareff.

 

Comme quelques-uns de ses compatriotes, ce dernier ne jure que par l’Angleterre, ses musiciens, ses studios et il a bien raison.

Dabadie lui a écrit un texte triste et mélancolique sur l’absence, la séparation. Ca marche toujours, c’est un classique de la chanson populaire : tu m’as quitté, je reste seul avec ma tristesse … dans la maison vide. Tiens c’est pas mal ça, la maison vide. Pour se mettre dans le mood, l’auteur a un truc : il repense à sa jeunesse. Elevé par ses grands-parents, il était sans cesse en manque d’un père et d’une mère qu’il adorait et il en souffrait.

La musique qui, pour une fois, n’est pas composée par Polnareff l’a été sur un tempo très lent. Mais il va tout changer. Dans ce studio, les cordes tristes vont au contraire créer une tension et l’arrangement symphonique prévu va se métisser d’accords jazz. La chanson est méconnaissable mais diablement pop, originale, swing. Le public adore comme en témoignent les réactions lors des passages télévisés sur les deux chaînes françaises dans Arpèges et Samedi et compagnie. Le chanteur y porte des lunettes noires bientôt à monture blanche, son look définitif.

En janvier, Dans la maison vide sera une des nouvelles chansons mise en lumières dans le spectacle très spectaculaire que Michel Polnareff proposera à l’Olympia. Il doit juste convaincre Bruno Coquatrix d’abattre le mur du fond de scène pour laisser plus de champ à ses éblouissants stroboscopes. C’est du moins ce que Michel lui raconte, en fait il souhaite passer plus vite de sa loge à la scène, une scène qui devrait descendre des linteaux. Un truc de malade.

Entre-temps Michel Polnareff aura donné une série de représentations à Bruxelles, chez Monsieur Mathonet qui a prévu de ne prendre que des premières parties pop. Finis les acrobates et les comiques en lever de rideau : les temps changent, même à l’Ancienne Belgique. Et ce sont des musiciens comme Michel Polnareff et Serge Gainsbourg qui mènent cette danse du changement dans le monde la musique française.

A la Noël 1969, Dans la maison vide est N°1 au hit parade : les années 70 vont pouvoir commencer et pour marquer le coup, Michel ne l’interprète-t-il pas au cours d’une émission de télévision du 31 décembre, un Musicolor spécial de la Saint-Sylvestre.