Les N°1 de Noël : Je te donne de Goldman & Jones

par Brice Depasse

Je te donneNoël 1985, le nouveau 45 tours de Jean-Jacques Goldman est encore numéro 1.

Je devrais dire encore et toujours. Sorti en automne, il est N°1 en France depuis le 30 novembre et va le rester jusqu’au 18 janvier.

Deuxième single issu de Non homologué, son quatrième album, ce disque est un duo avec un inconnu répondant au nom de Michael Jones.

Les fans de Jean-Jacques Goldman qui à l’époque remplissent les salles où il se produit en criant et en chantant comme plus tard elles le feront pour Patrick Bruel connaissent déjà Michael Jones puisqu’il l’a accompagné sur scène lors de sa précédente tournée.

Mais comment Goldman s’est-il acoquiné avec un Britannique ?

Si Michael Jones est né à Welshpool, au pays de Galles, son père qui a débarqué en Normandie en 1944 est revenu de Caen avec une française. Michael parle donc couramment les deux langues et a joué dans différents groupes français lorsqu’il rejoint Thaï Phong, le band dont le chanteur malgré lui ne souhaite pas se produire sur scène. Michael Jones est donc la doublure de Goldman pour les spectateurs attirés dans les salles par leur premier tube.

Si Thai Phong finit par se séparer en 1979, non seulement Goldman et Jones restent en bons termes mais leurs liens se resserrent avec les années. Une véritable amitié naît donc entre ces deux hommes que beaucoup de choses devraient séparer, à commencer par la Manche.

Et puis Goldman est Juif né d’un père engagé auprès du parti communiste. Il est donc particulièrement sensible aux thèses du Front National, le parti montant emmené par un Jean-Marie Le Pen dont les débordements verbaux choquent les esprits.

Il souhaite réagir aux grandes thèses et aux petites phrases par une chanson positive qui dirait simplement les choses et propose donc à Michael Jones de non seulement chanter avec lui mais aussi d’écrire une chanson : Jones s’occupe de l’Anglais et lui, du Français.

Je te donne est donc une chanson contre le racisme, contre la peur de l’autre, de l’étranger qui, il est vrai, est aussi un véritable message de Noël qui le voit cette année-là, numéro 1 du Top 50.