Les Problèmes des Charlots

par Brice Depasse

CHARLOTSLe podcast :

En 1983, les Charlots trustent une fois de plus les émissions de variétés et les juke-boxes avec leur nouveau single. Une trouvaille puisqu’il s’agit d’un rap agricole mâtiné du parisianisme façon Davina et Véronique, bref le sport version showbiz. Ils ne sont plus que trois et à cette époque, ce sont des survivants. Jamais aucun groupe connu n’a en effet connu une carrière aussi longue. Une carrière complètement improbable d’ailleurs car rien ne les prédestinait à devenir des stars du cinéma. Comment cela est-il arrivé ? On reprend depuis le début.

Au milieu des années soixante, le groupe Les Problèmes est considéré comme le meilleur de France comme en témoigne leur 45 tours qui paraît sur le fameux label Vogue, celui de Françoise Hardy et Johnny Hallyday. C’est clair, c’est cinq mecs Gérard Rinaldi, le chanteur et saxophoniste, Gérard Filipelli, guitariste, Jean Sarrus, le bassiste, Donald Rieubon, le batteur et Luis Rego, le second guitariste, ex-prisonnier politique portugais arrivé en France après son amnistie, incarnent le rock anglosaxon à la française. C’est ainsi qu’ils ont le privilège d’assurer la première partie des Rolling Stones qui d’ailleurs leur interdiront de jouer leur version de Satisfaction juste avant eux. Ils assurent ces gars-là. C’est d’ailleurs Jean Sarrus, qui ne porte pas encore sa grosse moustache mais parle bien l’anglais, qui accompagnera Mick Jagger à l’hôpital, lorsque celui-ci sera blessé par un projectile sur une scène marseillaise.

Lorsqu’en 1966, leur firme de disques leur fait enregistrer un album commun avec la nouvelle star Antoine, Les problèmes décident de passer à une chanson plus légère et deviennent Les Charlots. Très vite reconnus, leurs albums se vendent bien et leurs tournées attirent du monde. Il faut dire qu’ils ont un bon manager, un certain Christian Fechner, dont le frère Jean-Guy, est devenu le batteur.

En 1970, il débarquent au cinéma dans La grande java où ils partagent la vedette avec Francis Blanche et sur le tournage duquel ils rencontrent Claude Zidi qui leur propose un scénario de films dans lequel ils doivent jouer le rôle de jeunes soldats impossibles. Les bidasses en folie est avec plus de 8 millions d’entrées, le plus gros succès du cinéma français en 1971. Il entraînera toute une série d’autres films dirigés par Zidi mais aussi de réalisateurs associés à Louis De Funès comme André Hunnebelle, Jean Girault et Serge Korber. Ce ne sont pas les meilleurs, je vous l’accorde, et pourtant, tous ces films, sept en quatre ans, vont être d’énormes succès. Profitant de cette notoriété, les Charlots vont continuer à publier des disques, plus faciles dirons-nous que par le passé mais avec un succès populaire qui aura duré près de vingt années s’étalant sur trois décennies. 

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