La Story Vidéo (40) : Premiers coups de Téléphone

par Brice Depasse

PP212 novembre 1976. Deux jeunes musiciens doivent se produire au Centre américain de Paris, boulevard Raspail. Jean-Louis Aubert et Richard Kolinka ont tout organisé eux-mêmes pour ramener du monde à leur concert gratuit. Y compris coller des affiches ! Ils ont tout SAUF le groupe.

Enfin si, ils ont le nom : « ! »

Ce n’est qu’au dernier moment qu’ils sont rejoints par deux anciens membres d’un groupe qui s’est déjà fait un petit nom : Shakin’ street. Louis Bertignac, Richard Kolinka, Jean-louis Aubert et Corine Marienneau mettent le feu ce soir-là : un quatuor s’est trouvé. Il ne lui manque plus qu’un vrai nom car le !, ce n’est pas évident à prononcer. C’est vrai ! Essayez chez vous !

Ce sera finalement Téléphone. Un nom qui sonne et résonne spécialement dans le métro où ils se produisent avant de passer aux MJC et salles de spectacles.

Le 26 mars 1977, à l’initiative de la RATP, Téléphone balance son rock’n’roll gratuitement dans la station de métro République. L’embouteillage et le blocage de la ligne RER qui s’en suivent est une image qui les suivra longtemps. Souvenez-vous du premier single Métro c’est trop, de la pochette du premier album et même du clip d’Un autre monde réalisé par Jean-Baptiste Mondino.

Enregistré à Londres le premier album de Téléphone, dopé au son des Stones et des Who, atteint rapidement la première place des ventes et fait un beau disque d’or. Le 16 décembre, le concert (encore gratuit) au Pavillon de Paris a lieu dans la même ambiance indescriptible que connut l’Olympia avec Bill Halley 20 ans plus tôt. Deux rames de métro seront endommagées par une partie des 6.000 fans déchaînés. En cause, paraît-il, le final du concert : violent et délirant.