La Story Vidéo (45) : Seal, in the beginning

par Brice Depasse

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En 1991, nous découvrons dans nos radios et surtout à la télé dans un clip, un grand chanteur noir fringué comme Aragorn dans le Seigneur des Anneaux. La chanson est imparable, une nouvelle production du magicien Trevor Horn, l’ex-Buggle qui a lancé tout ce qui compte à Londres au cours des années 80.

La chanson s’intitule Crazy et le chanteur Seal. Quelle voix, mes amis ! Quand on pense que quelques années plus tôt, alors qu’il squattait chez un ami, il lui demandait encore s’il chantait bien ! Car Seal n’a pas été aidé dans la vie. Les millions d’albums qu’il va vendre au cours des mois qui suivent, il les doit à lui tout seul.

De son vrai nom, Henry Olusegun Adeola Samuel est né en février 1963 en plein cœur de Londres, à Westminster. Beau quartier ! Mais le conte de fées s’arrête là. Pas de cigogne ni de prince charmant, le père brésilien et la mère nigériane n’ont pas le sou et l’abandonnent à l’adoption d’une famille anglaise.

Henry a quatre ans lorsque ses parents refont surface. Le conte peut reprendre, les prénoms que sa mère lui a donnés ne veulent-ils pas dire « Dieu est victorieux et Couronne de richesse », mais elle divorce de son père deux ans plus tard et lui laisse la garde. Et avec lui, ça ne se passe pas très bien. Henry s’enfuit du domicile à l’âge de quinze ans car il en a assez de prendre des coups.

Le voilà dans la nature, enfin dans Londres. Pour s’en sortir Henry chante. Il est très doué. Il a d’ailleurs gagné un radio crochet dans son école à l’âge de douze ans. Pour subvenir à ses besoins matériels, il va loger à droite à gauche et faire de nombreux petits boulots comme employé chez McDonald, électricien et même styliste. Malgré tout cela, il suit sa scolarité avec succès et va même empocher un diplôme de graduat en architecture.

Mais tout de même, son truc, c’est la chanson. Henry chante avec différents groupes dont l’un va le conduire en Asie : Japon, Thaïlande et puis l’Inde où il reste et voyage durant tout un temps. A son retour il a pris le pseudonyme de Seal qu’il a choisi, non pas en référence au phoque, sens commun de ce mot en anglais mais à cause de sa collection de sceaux, une autre signification de ce mot, moins courante, on n’en grave plus beaucoup ces derniers siècles.

Son premier tube survient enfin lorsqu’à l’âge de 27 ans, Seal rencontre le producteur Adamski avec qui il chante ce titre … qui devient N°1 en Angleterre et en Belgique. Fort de ce succès Seal signe avec Trevor Horn et enregistre un album qui va faire date et pour cause, il sonne comme une cathédrale.

C’est logique vu que le studio a été construit dans une ancienne église. Son look fait le reste. Cette merveille va se vendre à des millions d’exemplaires y compris aux Etats-Unis où remarqué, Seal chantera la chanson du deuxième Batman de Tim Burton sur son second album, un autre disque monumental.