COMMENT PEUT-ON SAUVER LA FORÊT AMAZONIENNE ?
Le poumon vert de la planète s’asphyxie et c’est la terre entière qui suffoque. Face aux flammes qui ravagent la forêt amazonienne, on se sent bien impuissants… et pourtant, il est encore possible d’agir. Voici comment.

La grande cause de ces incendies, c’est la déforestation, assortie à la sécheresse provoquée par le changement climatique. Selon le WWF, près de 20% de l’Amazonie a disparu en 50 ans, soit la surface de la France. Selon Paulo Moutinho, chercheur à l’Institut de recherche environnementale sur l’Amazonie, « le feu est utilisé pour nettoyer des zones déjà déforestées, pour ensuite ouvrir des pistes » et développer des zones agricoles. Cette technique vise à préparer la terre à la culture. Problème : des zones qui ne sont pas censées brûlées s’enflamment parfois. De plus, alors que ces incendies volontaires s’éteignent la plupart du temps « grâce aux pluies ou sont stoppés à l’intense végétation », cette année, le feu ne s’est pas arrêté.

Repenser notre consommation de viande

La déforestation a augmenté de 67% sur un an, en Amazonie, causant cette année près de 73.000 incendies (soit une augmentation de 83% par rapport à l’année dernière à la même période). Si la forêt brûle, c’est parce que l’élevage et les cultures qui s’y implantent sont de plus en plus étendues.  Et qu’est-ce qu’on y cultive ? Du soja, beaucoup de soja destiné aux poulets, aux porcs, aux bœufs  européens et américains.

Le but n’est pas de vous dire d’arrêter de manger de la viande si vous aimez ça, mais de vous inviter à prendre conscience de l’impact de votre alimentation. En diminuant notre consommation de viande, on diminue, in fine, l’importation de soja venant des forêts tropicales (au Brésil mais aussi ailleurs dans le monde). Conséquence : une perte de vitesse de la machine agro-industrielle.

L’idée est donc de passer en mode « slow » : si on aime la viande, on privilégie le circuit-court et exiger de la transparence. On se tourne vers de la viande locale, qui ne vient pas du bout du monde et qui fait vivre nos producteurs en étant payé au juste prix. On peut leur demander directement (ou aux distributeurs) si leurs bêtes sont bien élevées dans le respect du bien-être animal et nourries par des produits eux-mêmes issus d’une agriculture durable. Ne perdez jamais de vue qu’« acheter, c’est voter », la consommation est notre premier acte politique. Le fait de se tourner massivement vers des produits éthiques peut avoir un impact énorme. Mais le sursaut doit être collectif.


Faire la fête aux produits équitables

Certaines communautés présentes dans la forêt amazonienne ne prélèvent que les ressources dont elles ont besoin pour survivre. Elles le font en préservant la faune et la flore et pratiquent leurs activités de manière durable. On pense par exemple aux noix d’Amazonie, aux cœurs de palmier fair trade, au guarana, dont les graines ont un effet « coup de fouet ».

S’il faut retenir une chose, sachez qu’acheter un produit équitable, c’est soutenir les populations qui les cultivent/produisent/pêchent/vendent… En bref, c’est leur permettre de continuer de développer leur activité, d’avoir une vie décente et d’inspirer d’autres communautés emboîter le pas, voyant que ça fonctionne… L’effet boule de neige, en somme.

Zapper le bois issu des forêts tropicales

Premier réflexe : acheter, si possible, des meubles « brut » dont le bois vient d’Europe, voire de Belgique. On préférera par exemple le pin, le hêtre, le bouleau, le chêne… au teck ou à l’acajou par exemple. En forêt amazonienne (et ailleurs), certains bois précieux sont coupés sauvagement et sans aucune autorisation… ce qui contribue à la décimation de la forêt.

Comme l’indique le site Consoglobe, regroupant une foule d’astuces pour consommer durable, « il est nécessaire de n’acheter que du bois issu de sources certifiées ». Ainsi, on sait directement d’où notre bois vient et on s’assure qu’il a été abattu dans le respect de la forêt et de la nature. On garantit également les droits des hommes qui vivent dans la forêt, on stimule l’économie locale et on paie les propriétaires forestiers à un prix honnête.  Les 2 principaux labels reconnus internationalement sont le FSC et le PEFC. 

Si vous voulez vraiment du bois tropical, sachez qu’il existe des bois tropicaux certifiés mais que l’offre est très limitée. Comme l’indique le site d’information du SPF Coopération au développement Glo.be, « la certification rend le bois plus cher et le consommateur doit être enclin à payer un juste prix. » Car oui, c’est une condition sine qua non pour éviter tout trafic illégal et les dérapages, auxquels nous devons faire face aujourd’hui.  


Soutenir des ONG qui défendent l’Amazonie

Le WWF a mis en place un fonds d’urgence pour sauver la forêt amazonienne. Avec les dons des citoyens, l’organisation peut, en Belgique, tenter de réglementer les importations de soja et de bœuf en Union européenne afin de s’assurer qu’elles ne proviennent pas de zones déforestées. Au Brésil et ailleurs en Amérique latine, le WWF peut, entre autres, développer des technologies contre la déforestation. Elle peut aussi « rassembler les autorités locales, les peuples indigènes, les ONG et le secteur privé afin de lutter de manière concertée » contre les feux qui se multiplient. 

De manière globale, les associations de défense de l’environnement sont des organes de pression qui arrivent parfois, à mettre, certains dossiers chauds sur la table des gouvernements. Pour elles, avoir le soutien de la population est une force supplémentaire. On pense aussi par exemple à Greenpeace qui ne ménage pas ses efforts depuis des années pour préserver l’Amazonie, ou à l’ONG Survival International qui lutte pour les droits des peuples indigènes.

Signer une pétition

Notre signature, c’est une goutte d’eau dans l’océan. Toujours est-il que ce sont les petits ruisseaux qui forment les grandes rivières et que sans essayer, le combat est perdu d’avance. Le 21 août dernier, un avocat brésilien a lancé une pétition en ligne. Celui-ci vit à Rio Branco, au cœur de la forêt amazonienne et affirme « ne jamais avoir vu autant d’incendies en si peu de temps (…). » Il demande aux autorités d’agir urgemment et l’ouverture d’une enquête pour établir les causes exactes des feux qui se multiplient. En moins d’une semaine, Gabriel Santos a récolté plus de millions de signatures. Et pour cause : où que l’on vive, « le démantèlement des politiques de protection environnementale [qu’il met sur le dos du président d’extrême droite brésilien Jair Bolsonaro, NDLR] nous affectera tous ». Qui sort son stylo ? 

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