QUAND LA NEW BEAT FAISAIT VIBRER LA BELGIQUE ET LE MONDE ENTIER
En 1989, la New Beat triomphait dans une Belgique qui l'exportait aux quatre coins de l'Europe.

Ce 30 novembre à l'Acte 3, Nostalgie fête ses 30 ans ! Vous avez envie de revivre un samedi soir en 1989? Alors achetez vos préventes ici.


A cette occasion, retour sur la New Beat, ce mouvement musical né fin des années 80 en Belgique et exporté dans le monde entier. 


Vrai en 2019, il y a toujours des Belges pour s’émerveiller quand on leur apprend que la Belgique est le pays où la radio est et reste le média le plus apprécié : plus de 90% de nos compatriotes l’écoutent chaque matin.

Vrai en 2019, on n’arrive toujours pas à croire que le plus grand festival électro au monde ait lieu en Belgique. Mieux : Tomorrowland est probablement le plus beau des festivals de la planète.

Dans un cas comme dans l’autre, il ne s’agit pourtant que de la conséquence logique du fait que la Belgique ait été pour la radio, comme pour l’électro une terre de pionniers. Oui, on peut l’affirmer : c’est ici que tout commence.

 

Pour la radio, en 1914, il y a 105 ans, a lieu la première émission de radio au monde. Et quand en 1989, débutent à Bruxelles les émissions de Radio Nostalgie, la Belgique est au centre des regards de tous les branchés de la planète pour découvrir une nouvelle musique : la New Beat. Si cela fait déjà dix ans que le premier groupe dance électro, Telex (encore des Belges), a commis le premier succès mondial de musique de boîte entièrement synthétique, on y produit à présent des dizaines de disques par semaine de cette musique particulière qu’on nomme New Beat. Cette fois, c’est du sérieux car il ne s’agit plus seulement d’un artiste ou groupe avant-gardiste mais d’un véritable mouvement avec une base populaire qui lui garantit le succès commercial. Et tout ça sans internet ni médias : la New Beat a commencé sa carrière dans les boîtes de nuit et chez les disquaires.



 

Si on endosse notre tenue d’archéologue, les Indiana Jones de la musique populaire que nous sommes remonteront jusqu’à la piste d’un club privé installé dans l’ex-Ancienne Belgique d’Anvers (qui en a conservé le nom). Le truc du DJ est de mixer des titres New Wave (genre Front 242) avec des musiques de films. Les clients et les membres sont enthousiastes, le bouche-à-oreille fonctionne, c’est le succès : très vite, on appelle ça, de l’AB Music. Du coup, Le Prestige, un club concurrent s’y met également. Comme il est hors de question d’appeler ça de l’AB Music, ils la nomment la New Beat. Et quand cinquante kilomètre plus loin, le Boccaccio à Gand, une grande boîte qui peut accueillir jusqu’à 2000 personnes, leur emboîte le pas, le phénomène prend de l’ampleur.  Car comme on n’entend pas cette musique à la radio, le seul moyen pour les clients de réécouter les titres qu’ils ont aimé danser sur la piste, est de les acheter chez des disquaires. Ces maxi 45Tours, on ne les trouve pas partout : chez US Import à Anvers bien sûr, mais aussi dans des magasins situés à et autour de Courtrai, sur la frontière  où depuis longtemps vient une très nombreuse clientèle française.

 

Le phénomène n’est pas récent ; en effet, depuis les années 60, la Belgique est le pays où les Français viennent trouver tous les imports anglais et américains qui ne sortent pas dans leur pays. Et Dieu sait s’il y en a. C’est de chez ces disquaires que va se répandre la vague New Beat et devenir un véritable phénomène dans le monde des clubs français puis de la télé grâce au trublion du PAF, Christophe Dechavanne, qui en fait un des sujets à scandale de son émission du mardi soir, n’en retenant qu’une chose : la drogue et les nuits sans fin. Le mouvement New Beat lui rendra très vite la monnaie de sa pièce en samplant son émission avec au passage l’un ou l’autre jeu de mot avec son nom.


 

Entretemps la donne a changé en Belgique avec le triomphe d’un groupe de New Beat bâti visuellement sur le modèle des années 70 : un gars et des filles. Ils s’appellent les Confetti’s et leurs disques se vendent tellement qu’ils passent à la radio et à la télé. Les labels de New Beat qui jusque-là étaient underground se mettent à vendre beaucoup de disques et à en éditer de plus en plus.



 

Dix ans exactement après le disco, la New Beat reproduit la même histoire : 1989 est l’année du « tout New Beat » où les disques sortent non plus pour s’amuser ou faire de la musique électronique par passion mais parce qu’ils se vendent. Parmi ce tout et n’importe quoi, on assiste malgré tout à la sortie des titres qui marqueront ce genre musical et de way of life de la night. Mais le mouvement n’a plus rien d’underground : pour preuve l’anecdote des logos VW et Mercedes arborés en collier par quelques noceurs du début de la vague et qui, imités par le grand nombre cause bien des dégâts et des vols. Combien de Golf avons-nous croisées à cette époque sans le logo de la marque VW ?

 

Boccacio, The Sound of C, BSR, Rock To The Beat, Bassline Boys, autant de noms mythiques ou quand l’underground belge est devenue une mode planétaire. Plastic Bertrand en fait un tube, Bigard un sketch, les Anglais un business, la New Beat en 1989, c’est un phénomène de société qui n’est plus célébré uniquement le samedi soir.


Vous voulez revivre un samedi soir comme un 1989? Alors rendez-vous le 30 novembre à l'Acte 3 de Braine l'alleud pour les 30 ans de Nostalgie. Aux platines, DJ Lilo et le légendaire Serge Ramaekers vous feront vibrer au son des années 80. En special guest  : Les "Confetti’s"  seront en live ! Achetez vos préventes ici 



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