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STEVIE WONDER : LA LÉGENDE !
De toutes les légendes de la musique qui ont marqué les années 60, Stevie Wonder est de loin, la plus jeune !

Il n’a en effet aujourd’hui que 68 ans alors que ses amis Mick Jagger et Paul McCartney qui ont été N°1 aux Etats-Unis après lui ont déjà dépassé les 75 au compteur.

Etre signé à l’âge de onze ans sur un grand label de musique, c’est déjà exceptionnel. Mais la manière avec laquelle ce gamin va connaître la gloire, ça n’arrive que dans les films comme diraient certains ! 

Au cours du printemps 1963, Stevie Wonder atteint la première du classement des ventes

Au début des années 60, il n’y a évidemment pas internet, encore moins Youtube. Alors pour faire connaître ses artistes au grand public, la Tamla-Motown, un des deux grands labels de musique noire aux Etats-unis organise chaque année une tournée où elle fait jouer tous ses jeunes poulains qui, faut-il le dire, ne passent pas à la télévision. Et puis de toute façon, la toute grande majorité de son public, trop pauvre n’ayant pas de poste de télé, à quoi cela servirait-il ?

Ce soir de mars 1963 à Chicago, le présentateur annonce "Little Stevie"

Le génie de 12 ans fait face à un public qu'il ne connaît pas, ses deux premiers albums parus l’année précédente n’ayant guère marché. 

Armé de son harmonica, le gamin se lance dans un instrumental qu’il a enregistré l’année précédente. Il le fait avec une telle fougue que le public se manifeste. Stevie, porté par cet enthousiasme, se déchaîne : il harangue l’assistance en improvisant des paroles comme l’Oncle Ray Charles dans What I’d say. A chaque fois que l’orchestre s’arrête, il enchaîne avec une force et un talent prodigieux.


L’animateur voyant le programme prendre du retard entre sur scène pour faire stopper les musiciens. Mais Stevie ne veut rien entendre, il continue seul pendant que son orchestre part et les suivants, les Marvelettes, s’installent. La salle est en délire aussi les Marvelettes se mettent-ils à l’accompagner en improvisant. On n’a jamais vu pareille ambiance et … est-ce un hasard ? Le concert est enregistré.

La Motown publie donc un 45 tours assez singulier puisqu’il s’agit des trois dernières minutes de ce titre improvisé, Fingertips, avec la mention : Part 2. Le plus étonnant c’est que la folie qui s’est emparée du public à Chicago ce soir-là semble bondir hors du sillon de single qui devient N°1, tout comme l’album live de ce gamin à la voix fluette.

Jamais aucun disque live n’avait encore été N°1

Le petit génie devient du coup le chouchou des médias américains dont certains ne manquent pas d’hypocrisie : oublié le fait qu’il soit noir puisque tout le monde l’achète.

A 14 ans déjà, sa voix mue, au revoir l’adjectif Little. Est-ce la fin de l’aventure ? Après tout, ce n’est pas le premier enfant star à retourner dans l’oubli. 

Le mieux ce serait peut-être de le laisser enregistrer ce qu’il veut, le producteur Berry Gordy qui a fondé le label Motown lui laisse une chance. Bien lui en prend : sa carrière artistique en main, l’adolescent reprend la voie du succès et aligne les hits ! 

Depuis les années 90 et le triomphe du CD, les stars de la musique nous ont appris la patience. Fini les albums annuels tant attendus de nos artistes préférés qui mettent aujourd’hui entre trois et cinq ans entre chaque parution. Et que dire de Stevie Wonder, le seul à avoir tenu la dragée haute face aux Beatles au Livre de record du nombre de disques annuels. 

En 1974, à 24 ans, il publie déjà son 24ème album

Et oui ! 24 albums depuis 1962, époque à laquelle on le surnomme le petit Stevie, le génie de 12 ans, Stevie Wonder a vécu à la moyenne de deux albums par an. Il est au sommet de sa gloire et chose importante pour sa maison de disques, il a bien négocié le virage des années 70, se plaçant à la pointe du courant musical. Oui, en 1974, la black music c’est Miles Davis, le petit nouveau Barry White, Stevie Wonder et puis les autres n’ont qu’à suivre. Le 28 septembre 1976, ça y est. Le nouvel album de Stevie Wonder est en magasin. Il y a tellement de chansons dans ce Songs in the key of life qu’il a fallu en presser deux. Fin novembre, le double album est déjà N°1, en route non plus pour la gloire mais la légende qu’il ne va plus lâcher.

20 ans plus tard, les années 90 trottent vers leur fin…

…Et Stevie Wonder est toujours là. On parle toujours autant de Songs in the key of life que les nouvelles stars de la chanson citent comme référence. On le retrouve ainsi sur des disques improbables comme un tribute au groupe Kiss dans lequel Stevie chante et souffle dans son harmonica en compagnie de Lenny Kravitz. Mais aussi dans un autre duo, avec le jeune Babyface qui sera un des grands tubes de 1997 en Europe.

Si Stevie Wonder a survécu aux dangereux caps que furent le début des années 70, 80 et 90, il le doit à sa capacité de vivre le présent et de s’intéresser à ce qui se passe dans le monde. Dans ses chansons, il n’hésite pas à évoquer ses états d’âme mais aussi la condition des noirs d’Amérique et leurs racines africaines. Cela donne des albums complètement en retrait de ce que font des artistes comme les Jackson, Diana Ross ou encore le jeune Barry White. Et comme Miles Davis, Stevie Wonder se fait maintenant une place dans les colonnes des revues spécialisées rock réalisant le rêve de tout chanteur noir américain (ou presque) qui est de toucher le public blanc.

Dix ans plus tard, en 1980, son nouveau single fait l’effet d’une bombe à sa sortie. Car sous l’effet de la vague ska, le reggae une musique qu’on entend de plus en plus ces dernières années est au sommet de sa popularité. 

Master Blaster est un énorme hit qui tombe bien pour Stevie Wonder qui n’a plus connu de succès depuis son triomphal album Songs in the key of life. Après ce double album qui est encore considéré comme un des plus grands disques de tous les temps avec Sgt Pepper des Beatles et Thriller de Michael Jackson, Stevie Wonder n’a rien sorti à part une musique de films, un documentaire qui s’intitule Voyage à travers la vie secrète des plantes. Le disque n’a pas marché, c’était à prévoir, aussi Stevie Wonder sait qu’il n’a pas droit à l’erreur. Master Blaster et l’album Hotter Than July vont être d’énormes succès en Europe, ses plus grands d’ailleurs. 

C’est étonnant mais aux Etats-Unis, il ne s’en vend qu’un million

C’est déjà pas mal, mais Songs in the key of life a atteint les dix millions. Par contre, en France et en Angleterre, il en vend aussi un million et là c’est juste énorme. Pourquoi ? Sûrement à cause de Master Blaster et de son reggae mais aussi de trois autres tubes parmi lesquels I ain’t gonna stand for it et l’incontournable Happy birthday qui a dû depuis 37 ans lui rapporter une montagne de droits d’auteur.

On ne s’étonnera donc pas si trente ans plus tard, quand le groupe français Daft Punk est la vedette des Grammy Awards que Stevie Wonder a tant trusté pendant des années, il soit leur invité spécial pour un des plus grands moments que la télévision nous ait donné : 


ARTISTE ASSOCIÉ
STEVIE WONDER
Multi-instrumentiste aveugle et surdoué, Stevie Wonder est le musicien le plus récompensé, cumulant Grammy Awards et une trentaine de hits classés en cinq décennies. Le prodige des années 1960 a connu son âge d'or avec les albums Innervisions (1973), Songs in the Key of Life (1976) et Hotter Than July (1980), mais a depuis ralenti la cadence.



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