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Toujours sur la route, Louis Armstrong n’avait jamais eu de sapin de Noël. Jusqu’à cette nuit magique où sa femme Lucille Armstrong transforme une chambre d’hôtel en refuge enchanté. Une histoire tendre, bouleversante et profondément humaine.
Les crooners ont depuis des décennies, liés leur art au répertoire de Noël. Quel plaisir d'entendre ces voix de velours nous chanter la période qui se veut être la plus douce mais aussi la plus scintillante de l’année. Et pourtant, il fut un temps où ces jazzmen n’étaient jamais chez eux à la Noël, comme un certain Louis Armstrong qui, dans les années 30, 40, donnait 300 représentations annuelles avec de grandes formations. Vous l’avez compris, il vivait dans des hôtels.
Alors un 24 décembre, sa femme Lucille, décide de lui faire une surprise. L’après-midi, elle fait les magasins et revient avec un petit arbre de Noël et toutes ses décorations. Vous devinez l’attente de la réaction de son mari quand il rentrera dans la chambre et découvrira l’arbre de lumières et les cadeaux qu’elle a disposés en dessous pour lui et les musiciens qui sont ses amis.
Trois heures du matin, quand il rentre dans la chambre, la surprise est totale. Armstrong est enchanté. Elle le savait, pas de suspense, il adore Noël. Mais quand il se met au lit, Armstrong ne quitte pas les lumières qu’il fixe avec un regard d’enfant. Aussi quand Lucile lui propose de les éteindre, il dit non, laisse-les allumées. Je vais continuer à les regarder. Tu sais, c’est mon premier sapin de Noël.
Comment aurait-elle pu deviner ? Bien sûr, à presque 50 ans, il a toujours été sur la route à cette époque de l’année mais qui à cet âge, n’a JAMAIS eu un arbre de Noël chez lui ne fût-ce qu’une fois ? Mais c’est vrai, et elle aurait dû y penser, Louis a eu une enfance tellement pauvre que, évidemment, il n’a jamais connu ça. Alors Armstrong passe la nuit avec son sapin allumé. Et alors qu’à l’époque tout le monde démonte les décorations le lendemain de Noël, il demande à sa femme d’emmener le sapin avec eux. Les voilà partis à Kansas City avec le petit arbre et ses décorations : c’est d’ailleurs la première chose qu’on déballe arrivé à l’hôtel, avant d’ouvrir les bagages. Et à partir de là, on achètera chaque année un petit sapin pour la chambre d’hôtel, de la Noël jusqu’au Nouvel An. On n’a pas compté le nombre de fois où Lucile a monté et démonté les décorations dans autant de chambres d’hôtel, pour que son mari ait aussi droit à la magie de Noël, après l’avoir offerte au public venu le voir et l’écouter. Et quand il n’y aura pas de concerts de fin d’année, avec la diminution des engagements à cause de la concurrence de la télévision, il fera monter chez lui, à New York, un sapin jusqu’au plafond.
Enfin un jour, quand viendra la dernière tournée à la Noël, Armstrong demandera à sa femme de faire envoyer l’arbre à la maison. Celui-là, je le garde. Mais voyons, Louis, ce n’est pas un sapin artificiel, il ne supportera pas le voyage du retour par la poste !
Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Il vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus artistes de notre temps.