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Dix ans après sa disparition, David Bowie, déjà légendaire de son vivant, est entré dans l’Histoire. Mais quel David Bowie ? Il y en a eu mille car comme il le disait, rien ne sert pour un artiste de nager là il a pied, il faut sans cesse se mettre en danger.
On ne peut pas ne pas en parler avec l’image que ses dirigeants nous renvoient de nos jours, David Bowie a vécu une histoire d’amour complexe avec l’Amérique, faite de passion, de fantasmes, de peur et de malentendus. Les Etats-Unis, c’est tout d’abord pour le jeune artiste dans l’âme qu’il est, la terre des libertés et de la musique. Un immense décor fait des grands espaces vus dans les films au cinéma, des longues routes vers l’aventure avec la voiture pleine de copains façon Jack Kerouac, avec la musique d’Elvis Presley, etc
Ses premiers séjours à New York ne font que le conforter dans le genre l’Amérique est un pays de liberté avec “s”. Rien à voir avec l’éducation étriquée des Anglais, ses rencontres avec Andy Warhol, Iggy Pop et Lou Reed puis ses premières tournées en Ziggy Stardust le confirment. Évidemment, il s’est fait traiter de femmelette, de gonzesse par des mecs au chapeau de cowboy. Ca aurait dû l’alerter mais bon, il s’installe quand même à Los Angeles où il se fait dévorer par ses excès d’alcool et de drogue. David n’est plus qu’une ombre, un homme encore jeune mais aux yeux creusés quand il rentre en Europe en 1976, on le voit à Paris, à Berlin et à Londres, sa musique est métamorphosée, elle ne se vend plus qu’à certains initiés.
Et quand en 1980, alors qu’il triomphe à Broadway dans la pièce Elephant Man, son ami John Lennon est assassiné par un gars venu exprès de Hawaï pour se faire un nom, David Bowie prend brutalement conscience que l’Amérique n’est pas seulement le pays de l’énergie artistique et de l’avant-garde, mais aussi celui où une légende du rock peut finir sur un trottoir. Lui, mieux que tout autre, savait que John Lennon avait quitté l’Angleterre pour vivre libre à New York, il y avait trouvé la mort à tout juste 40 ans. David rentre à nouveau en Europe, en Suisse cette fois, où il trouve refuge près du lac Léman. Il aime toujours New York, certes, mais à distance. Il n’y revient que deux ans plus tard, au sein d’une équipe de cinéma, en compagnie de Catherine Deneuve et Susan Sarandon qui deviendra sa maîtresse, le temps du tournage d’un film où il incarne un vampire lié à la même femme depuis des siècles.
Et pourtant c’est à New York que va repartir de plus belle son histoire d’amour avec le public pop, une rencontre avec Nile Rodgers le propulse au sommet des années 80. L’Amérique lui rend la gloire, celle qu’il avait d’ailleurs, ironie du sort, chantée en duo avec John Lennon au milieu des années 70 et lui avait valu son dernier N°1 américain en date.
Oui, David Bowie a peur des Américains, c’est certainement un des singles les plus marquants des années 90 et l’un des plus autobiographiques …
Et pourtant, Bowie va finalement se fixer à New York, à un moment où il s’est fait beaucoup plus discret sur sa vie privée qui est désormais totalement apaisée. Homme marié assumé, papa gâteau mais avec une âme d’artiste intacte, grand faiseur de chansons et éclaireur de l’avant-garde, pour autant que ce mot signifie encore quelque chose, ici, comme en Amérique. Mais qu’est-ce que l’Amérique si ce n’est un mythe ?
Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Il vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus artistes de notre temps.