La Story Nostalgie

David Bowie 10 ans après (Episode 5)

14 janvier 2026 | 7 min 53 sec

Dix ans après sa disparition, David Bowie, déjà légendaire de son vivant, est entré dans l’Histoire. Mais quel David Bowie ? Il y en a eu mille car comme il le disait, rien ne sert pour un artiste de nager là il a pied, il faut sans cesse se mettre en danger.

En 2013, David Bowie revenait après dix interminables années de silence avec un album tonitruant, probablement le meilleur qu’il ait jamais enregistré. Trente ans tout pile après Let’s Dance, il accumulait les N°1 partout autour de la planète avec cet album réalisé dans le plus grand secret et sorti par surprise, comme un diable sortant d’une boîte. La pochette, des gimmicks sonores, des paroles évocatrices, les références à un passé fameux ne manquent pas et pourtant, The Next Day est une totale réussite, à la hauteur d’un artiste qui a toujours refusé de nager là où il avait pied. Sans doute la raison pour laquelle, il n’y avait pas eu de Let’s Dance bis ou deux, 30 ans plus tôt, en 1984. C’eût été trop facile. Et puis, son entourage le sait : David Bowie s’ennuie vite en studio. C’est ainsi qu’il refuse en novembre de chanter les deux premières lignes de la chanson Do they know it’s Xmas time ? pour, par contre, s’impliquer totalement dans le Live Aid. On l’ignore mais en plus de la magistrale prestation qu’il livre sur scène, juste après Queen, Bowie ayant vu le reportage tourné au Soudan, renonce à interpréter une dernière chanson pour qu’on ait le temps de le diffuser. Son discours et le document sont tellement forts que le montant des dons explose …

David doit d’ailleurs interpréter en duo une chanson avec Mick Jagger, lui à Wembley, Mick à Philadelphie. Mais conçu comme l’autre attraction technologique de l’événement avec la prestation de Phil Collins des deux côtés de l’Atlantique grâce au Concorde, il doit y renoncer lors de répétitions : malgré les efforts des techniciens, un décalage entre l’image et le son subsiste, rendant le duo en live impossible.

Et donc, ce samedi du mois de juin 1985, alors que Bowie est occupé à enregistrer la chanson d’un film dans lequel il joue, Absolute Beginners, un titre qui, de l’avis de tous, va faire un malheur, il dit : “Est-ce qu’on peut finir à 6 heures, ce soir, j’ai Mick qui doit venir.” Ah ben oui, à défaut de pouvoir la jouer en live, ils vont faire un clip de ce duo phare du Live Aid. Alors, une heure avant l’arrivée de Mick, on sort le 45 Tours dont on va faire un cover et on l’écoute, avant de s’y mettre. Ce sont des pros, et pas des moindres, mais la première tentative est catastrophique, on dirait un orchestre de bal de province. Pas mieux. Qu’est-ce que c’est que ce merdier ? Le producteur n’a pas le temps de finir sa phrase qu’entre Mick Jagger, et qui file directement à la cabine de son d’un air “Mick est là, on y va”. Ça tombe bien, Bowie est en train de chanter, Jagger accroche son wagon et c’est parti, tous les musiciens du band se mettent à jouer comme des dieux comme s’ils n’avaient jamais joué autre chose.

Ce fut en 1985 le dernier N°1 britannique de David Bowie, avant ce fameux, inattendu et nostalgique Where are we now ? en 2013, sonnant la fin d’un long entr’acte, c’est vrai, mais débutant un cinquième acte, toujours aussi misérablement court.

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Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Il vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus artistes de notre temps.

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