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Saviez-vous qu'en 1991, la France a perdu l'Eurovision à cause d'un règlement secret? Revivez le duel entre Amina et la Suède, l'incroyable record de l'Irlande et le geste fou de Philippe Lafontaine qui a cassé son disque en pleine conférence de presse !
Les années 90 s'ouvrent en Yougoslavie, à Zagreb, dans un climat de liberté retrouvée après la mort de son dictateur, alors que les régimes communistes voisins basculent dans le passé. Le Concours Eurovision de la chanson doit alors faire face à une concurrence télévisuelle accrue, obligeant les chaînes nationales à adopter des stratégies offensives pour maintenir l'audience. C’est dans ce contexte que la France mise sur Serge Gainsbourg et Joël Ursul en 1990, décrochant une deuxième place. La Belgique, sous l'impulsion de Pierre Meyer, envoie sa plus grande star du moment, Philippe Lafontaine. Ce dernier, fidèle à ses principes antibusiness, écrit « Macédomienne » en hommage à sa femme d'origine yougoslave et va jusqu'à briser la matrice du disque en conférence de presse pour empêcher sa commercialisation.
L'année 1991 à Rome reste marquée par un suspense insoutenable et un dénouement improbable. La France, représentée par Amina, se retrouve ex-aequo avec la Suède de Carola sur la ligne d'arrivée avec 146 points. Si les deux délégations comptent le même nombre de « 12 points », c'est un règlement méconnu, appliqué pour la première fois, qui les départage en comptabilisant le nombre de « 10 points ». La France perd sur le fil, offrant la victoire à la Suède. Cette période voit également l'Irlande asseoir une domination sans précédent avec trois victoires consécutives en 1992, 1993 et 1994, établissant un record de sept trophées au total.
L'histoire géopolitique s'invite durablement dans la compétition avec la dislocation de la Yougoslavie et l'entrée de nouveaux États comme la Bosnie, la Croatie et la Slovénie dès 1993, suivis par les pays de l'Est tels que l'Estonie, la Hongrie ou la Roumanie. Pour gérer cet afflux de candidats, l'UER instaure des systèmes de relégation pour les derniers du classement et des procédures de pré-sélection audio, privant parfois certains artistes, comme la Belge Lisa Del Bo en 1996, d'une véritable défense de leur titre sur scène.
La fin de la décennie est marquée par une révolution technologique et sociale. En 1998, à Birmingham, le télévote devient public, permettant aux spectateurs de voter massivement par téléphone. C'est ainsi que Dana International, première chanteuse trans à remporter le Grand Prix, devient un symbole du changement de temps. La Belgique brille également cette année-là avec Mélanie Cohl, qui termine à une superbe 4e place. Enfin, l'année 1999 à Jérusalem sonne le glas de l'obligation de chanter en langue nationale : seuls neuf pays conservent leur idiome d'origine, confirmant l'ascension de l'anglais comme langue commune du concours à l'aube du nouveau millénaire.
Explorez l'histoire passionnante de l'Eurovision avec notre podcast dédié aux grands moments du concours.