La Story Nostalgie

1986 : le jour où Téléphone a cessé d’être un groupe

27 février 2026 | 3 min 32 sec

Radios libres, Top 50, clips à la télé. En 1986, la France change de tempo. Téléphone est toujours là… mais plus vraiment ensemble. Derrière le tube, quelque chose s’est déjà fissuré.

En 1986, la musique est en France, à l’heure des radios libres, du Top 50 et de Champs Elysées. Comme autrefois les yéyés, ces médias ont mis en lumière une nouvelle génération d’artistes de leur temps, de Mylène Farmer à Indochine, en passant par Jean-Jacques Goldman et Niagara.

Et les Téléphone dans tout ça ? C’est vrai, ils viennent des années 70, eux ! Mais bon, après cinq albums, ne nous dites pas qu’ils n’ont plus rien à nous dire, comme le groupe anglais The Police !

Ben faut croire que si. Quelques mois plus tôt, alors qu’ils sont à la recherche du producteur de leur prochain album, ils envisagent Quincy Jones, Monsieur Thriller, puis rapidement d’autres noms dont celui de Steve Lillywhite, le producteur des premiers U2. Ça vous étonne, hein ? Mais à ce moment, les Téléphone sont les petits chouchous de Richard Branson, le patron de Virgin qui a juré de faire d’eux des stars mondiales. Et on ne dit pas non au boss de Virgin, la boîte de disques la plus branchée de la planète.

Alors le fameux Steve Lillywhite débarque à Paris lors d’une répétition de Téléphone puis passe la soirée dans une boîte parisienne avec Corinne, la bassiste. Une soirée où, la nuit aidant, elle déballe tout son mal-être. Oh elle ne fait dire que la vérité : au cours de l’enregistrement de leur dernier album, Dure Limite, ils ont fini chacun dans un hôtel différent tellement c’était la bagarre.

Et donc le lendemain, Steve Lillywhite annonce au manager de Téléphone qu'il ne fera pas l’album d’un groupe en train de se séparer. Pour lui, il en est sûr, ce disque ne se fera pas.

Le 24 mars 1986, alors que l’unique single qui est finalement sorti de tout ça est un énorme tube qui résonne sur les radios et les télés, le fidèle ami des débuts et manager de Téléphone annonce que le groupe prend une année sabbatique, précisant qu’il ne s’agit nullement d’une séparation déguisée.

Mais c’est un album de Jean-Louis Aubert avec Richard, puis de Bertignac et Corinne qui suivront. Deux pour le prix d’un, serait-on tenté de dire quand on voit le verre à moitié plein. Mais force est de constater que pour formidables qu’ils soient, ce n’est plus pareil : il y avait en Téléphone quelque chose de nous. Ces quatre rockers nous renvoyaient et nous renvoient toujours au XXI° siècle, l’image de notre jeunesse et d’une époque. La fin des années 70 et le début des années 80 resteront comme la fin des sixties, ces moments où une génération a fait l’Histoire, rejetant le modèle dépassé des plus âgés. Une expression, une culture dans un temps où tout changeait, tout basculait et où il fallait écouter certains disques ou voir certains films pour comprendre ce qui se passait. Mais voilà, les meilleures choses ont une fin ; il faut qu’elles en aient une pour qu’on puisse refermer le livre et le ranger soigneusement afin qu’il ne s’abîme pas.

A la suite...

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Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Il vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus artistes de notre temps.

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