La Story Nostalgie

Sydney Pollack et l'Âge d'Or : Quand Cannes 86 s'offrait à Hollywood

12 mai 2026 | 3 min 43 sec

Mai 1986 : Sydney Pollack préside un Festival de Cannes sous le signe du glamour hollywoodien. Entre le triomphe d'Out of Africa et la démesure des Pirates de Polanski, plongez dans une année charnière où le cinéma mondial affichait une vitalité exceptionnelle.

Comme Roland Garros, le Festival de Cannes est chaque année pour les écoliers et les étudiants, attaché à la période des examens qui approchent et d’un blocus qui ne laisse que peu de temps aux loisirs. Alors on regarde le midi et le soir, ces images à la télé, au JT ou dans des émissions spéciales.

En 1986, tenez, on aime ça hein, les années 80, c’est le visage sympathique de Sydney Pollack qu’on voit partout puisqu’il préside le jury à qui incombe de désigner le meilleur parmi les vingt films en compétition. Il est Américain, tout auréolé des sept Oscars que son dernier film, Out of Africa, vient de recevoir. Oui, Meilleur film et Meilleur réalisateur, il a d’autant plus sa place à la tête des jurés, le Sydney, que quatre ans plus tôt, il nous a offert la comédie la plus drôle et intelligente qu’on ait vue alors. Dans Tootsie, il y met en scène un Dustin Hoffman, acteur de théâtre new yorkais élitiste et exigeant, qui par défi, se déguise en actrice et berne tout le monde en se faisant engager dans un soap télévisé.

Énorme succès, celui qu’on présentait déjà comme un vieux de la vieille dans ce monde des années 80 où le cinéma change et se renouvelle tellement, est désormais au premier plan, alors on y croit au palmarès qu’il présentera en fin de festival.

Mais on n’y est pas encore. Durant ces premiers jours, tout Hollywood est déjà là puisque Woody Allen y projette, hors compétition, Hannah et ses sœurs, probablement le meilleur film de sa carrière, le plus drôle et le plus émouvant. Steven Spielberg est de la partie aussi. Après E.T. et un second Indiana Jones, il vient promouvoir La Couleur Pourpre, le film qui va changer l’image qu’on a de lui, de machine à fabriquer des blockbusters.

Mais celui qui passe le moins inaperçu question marketing est certainement le Pirates de Roman Polanski. Il faut dire que la production a amené avec elle le bateau trois mâts d’époque de ce vieux pirate de Walter Mathau, ancré dans la baie de Cannes. C’est impressionnant de l’y voir, aucun photographe, aucune télé ne va le manquer. Quant au film lui-même, il se veut un pastiche comique du film de pirates, cher à toute une génération, dans la veine de ce qu’il avait fait avec Le Bal des vampires près de vingt ans auparavant. On y va donc pour le grand spectacle, et pour rire aussi. Si le film n’est pas un chef d’oeuvre, il nous fait passer un très bon moment et surtout, il y a fort à parier qu’il ait fortement inspiré ceux qui se mettront un jour autour d’une table pour créer Le Pirate des Caraïbes.

Enfin, en compétition en cette année 1986, dix ans après le Taxi Driver qui l’a révélé, revoici Martin Scorsese, un des vieux amis de Spielberg, et puis aussi Robert Altman, monsieur M.A.S.H., qu’on retrouve toujours avec plaisir comme Amélie Nothomb, à chaque rentrée.

Oui, il se dégage du monde du cinéma, une sensation de vivacité, de créativité rare en cette année 1986. Les films de genre sont de plus en plus ambitieux, les films d’auteur ont un public plus nombreux que jamais, bref de quoi alimenter bien des conversations passionnées et de longues queues devant le guichet des salles dont on a cru un temps que la télévision allait provoquer leur fermeture.

A la suite...

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Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Il vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus artistes de notre temps.

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