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Emilie Dequenne
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Pourquoi ces 5 films présentés à Cannes nous ont bouleversés

Des frères Dardenne à Lukas Dhont, en passant par Jaco Van Dormael, plusieurs œuvres venues de Belgique ont bouleversé la Croisette… et marqué l’histoire du septième art.

On ne pourra jamais oublier l'une des étoiles les plus brillantes de Cannes : notre regrettée Emilie Dequenne...

"Rosetta" : le choc des frères Dardenne et la révélation d’Émilie Dequenne

En 1999, Rosetta crée un véritable séisme au Festival de Cannes. Réalisé par Jean-Pierre Dardenne et Luc Dardenne, le film raconte le quotidien d’une adolescente vivant dans une extrême précarité avec sa mère alcoolique, et prête à tout pour décrocher un emploi stable.

Caméra à l’épaule, réalisme brut et tension permanente : les frères Dardenne imposent leur style et décrochent la Palme d’or. Mais le film révèle surtout une jeune actrice de 17 ans : Émilie Dequenne, récompensée par le Prix d’interprétation féminine. Disparue le 16 mars 2025, elle reste à jamais associée à ce rôle incandescent qui a bouleversé toute une génération de spectateurs.

Pourquoi on aime Rosetta ? Parce qu’il filme la dignité, la rage de vivre et la survie avec une intensité rare. Et parce qu’Émilie Dequenne y livre une performance inoubliable.

"Close" : la délicatesse déchirante de Lukas Dhont

Présenté en compétition à Cannes en 2022, Close de Lukas Dhont repart avec le Grand Prix. Le film suit l’amitié fusionnelle entre deux adolescents de 13 ans, brutalement fragilisée par le regard des autres.

Avec une immense douceur, Lukas Dhont explore la masculinité, l’enfance et le deuil. Le réalisateur belge, devenu l’une des figures majeures du cinéma européen actuel, continue depuis de faire rayonner le cinéma belge à l’international. Lukas Dhont présentera d'ailleurs un nouveau film lors de cette édition 2026 : Coard.

Pourquoi Close nous marque autant ? Parce qu’il capte avec une justesse bouleversante les émotions de l’adolescence. Peu de films parlent avec autant de finesse de l’amitié et de la fragilité des liens humains. Ici aussi, Emilie Dequenne est au casting, dans un rôle plus discret mais profondément touchant. Sa présence apporte encore davantage d’humanité à ce récit si sensible.

"L'Enfant" : la deuxième Palme d’or des frères Dardenne

Six ans après Rosetta, les frères Dardenne récidivent avec L’Enfant, qui remporte à son tour la Palme d’or en 2005. Le film raconte l’histoire d’un jeune père immature qui vend son bébé avant de réaliser l’horreur de son geste.

Comme souvent chez les Dardenne, le récit part d’un fait brutal pour interroger la morale, la responsabilité et la rédemption. Avec ce deuxième sacre, les réalisateurs belges entrent définitivement dans la légende du Festival de Cannes.

Pourquoi L'enfant reste si fort ? Parce qu’il montre que même les personnages les plus perdus peuvent encore changer. Jérémie Renier y livre une performance impressionnante de naturel et d’intensité. Déjà remarqué plus jeune dans La Promesse, il devient avec L’Enfant l’un des visages incontournables du cinéma belge francophone.

"Le Tout Nouveau Testament" : Dieu habite… à Bruxelles

Avec Le Tout Nouveau Testament, Jaco Van Dormael offre une vision complètement décalée et poétique de la religion. Dans ce film présenté à Cannes en séance spéciale en 2015, Dieu vit à Bruxelles, déteste l’humanité et passe ses journées à martyriser le monde depuis son ordinateur. Jusqu’au jour où sa fille décide de se rebeller.

Porté par Benoît Poelvoorde, Yolande Moreau et Catherine Deneuve, le film mélange humour absurde, tendresse et réflexion existentielle. Jaco Van Dormael y déploie tout son univers visuel et son imaginaire unique.

Pourquoi on aime Le Tout Nouveau Testamen ? Parce qu’il rappelle que le cinéma belge sait aussi être fantasque, irrévérencieux et profondément humain en même temps. Cette fable drôle et touchante est depuis devenue culte.

"Rundskop" : le polar noir-jaune-rouge qui a sidéré la Croisette

Présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2011, Rundskop a marqué un tournant pour le cinéma belge flamand. Réalisé par Michaël R. Roskam, le film suit Jacky Vanmarsenille, un éleveur de bétail mutique et tourmenté, impliqué dans un trafic d’hormones animales en Flandre. Mais derrière ce polar rural se cache surtout le portrait bouleversant d’un homme détruit par un traumatisme d’enfance.

Porté par l’interprétation hallucinante de Matthias Schoenaerts, alors encore peu connu à l’international, le film impressionne immédiatement par sa tension, sa noirceur et sa puissance émotionnelle. Le succès sera tel que Rundskop décroche une nomination à l’Oscar du meilleur film étranger. Il a aussi propulsé la carrière de Matthias Schoenaerts à Hollywood.

Pourquoi on aime Rundskop ? Parce qu’il mélange thriller, drame psychologique et cinéma social avec une telle force ! Et parce qu’il révèle un acteur, avouons-le, carrément magnétique !

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