Un tournoi héroïque et des ventes records Le début de la compétition au Mexique est laborieux.
Après une défaite contre le pays hôte et des résultats mitigés, la Belgique se qualifie de justesse pour le second tour en tant que "meilleur troisième". C'est alors que l'incroyable se produit. Le 15 juin 1986, lors d'un huitième de finale d'anthologie contre l'URSS, les Diables s'imposent 4-3 après prolongations dans un suspense insoutenable.
Ce miracle sportif déclenche une véritable hystérie en Belgique. Dès le lendemain, les disquaires sont pris d'assaut pour acheter le single du Grand Jojo ; les usines de pressage doivent travailler jour et nuit pour répondre à la demande sans précédent. La ferveur s'accentue après le quart de finale contre l'Espagne. Dans la chaleur de Puebla, après un match fermé, la Belgique l'emporte aux tirs au but grâce à un arrêt décisif de Jean-Marie Pfaff et au tir final de Leo Van der Elst.
Un succès hors des frontières
Une apothéose historique Bien que stoppés en demi-finale par l'Argentine de Maradona (2-0), les Diables rentrent au pays la tête haute. Le 30 juin, plus de 100.000 personnes accueillent l'équipe entre Zaventem et la Grand-Place de Bruxelles. Le Grand Jojo, présent au balcon aux côtés des joueurs et reçu par le roi Baudouin, reçoit une ovation historique.
Le succès de E Viva Mexico dépasse alors largement les frontières belges. Le refrain "Olé, olé, olé" entre dans le domaine public, repris par des supporters du monde entier et même par les Rolling Stones lors de leurs tournées.
L'héritage d'une année dorée
L'année 1986 restera comme celle où la Belgique a changé de dimension, portée par cette épopée sportive, mais aussi par sa victoire à l'Eurovision.
Le Grand Jojo, avec son don pour croquer des personnages populaires en quelques lignes, est célébré comme un auteur dont la plume, souvent sous-estimée, a su capturer l'âme d'un pays qui, pour la première fois, se regardait avec fierté.