La Story Nostalgie

Laurent Voulzy & Serge Gainsbourg (Episode 4)

29 août 2025 | 7 min 56 sec

Un soir de février 1990, un grand moment de célébration cathodique à l'heure où les ventes de CD explosent en France, on remet une Victoire de la Musique à Serge Gainsbourg. Laurent Voulzy est dans la salle, mais pas que ...

3 février 1990, les années 80 sont finies. Viendront celles où on les pleurera mais ce n’est pas pour aujourd’hui. Ce soir à Paris, les sièges du Zénith sont occupés par tous les acteurs de la chanson française pour une nouvelle cérémonie des Victoires de la Musique avec en finale, un trophée d’honneur remis à Serge Gainsbourg pour l’ensemble de son œuvre et l’immense influence qu’il exerce.

Serge est le premier à se dire que ça sent le sapin. Il est aux premières loges. Alors il va donner le meilleur de lui-même, se montrer tel qu’il est vraiment, fini les frasques et la provoc cathodique pour faire les gros titres. Pour ce faire, il a loué le plus beau des costumes avec nœud pap et reste sobre. C’est Michel Sardou qui est chargé du discours et qui entame La Javanaise, suivi par Patrick Bruel, la nouvelle star, un symbole, et Vanessa Paradis, avec qui Gainsbourg travaille actuellement. Et puis, last but not least, il y a Laurent Voulzy. Il t’aimait bien, hein ? lui dit Alain Souchon en regardant les images plus de 20 ans après. C’est vrai que sur le papier Voulzy et Gainsbourg sont deux des artistes qui ont dominé et façonné le son des années 80. On pourrait croire de prime abord qu’ils sont l’eau et le feu, sans doute la raison pour laquelle on n’a pas eu la joie de les voir collaborer.

Sans doute étaient-ils trop complets musicalement pour avoir à collaborer. Mais il n’empêche, ils partageaient la même passion pour le son et les arrangements. Combien d’ingénieurs du son et d’assistants pourraient témoigner de ces nuits interminables avec un Gainsbourg qui demandait à entendre et réentendre encore chaque piste, remixer, demander à l’interprète qui le chantait de réinterpréter car le résultat ne correspondait pas tout-à-fait au morceau qu’il avait dans la tête.

Alors c’est vrai que Gainsbourg souffre d’une mauvaise réputation de bâcleur et travailleur de dernière minute, à cause des anecdotes qui ont été trop racontées. Ce n’était vrai que pour les textes, pas la musique. La musique, c’était comme par Voulzy, qui est là, assis dans la salle à reprendre la Javanaise pour lui, et avec lui. Il vient, comme Gainsbourg, de sortir une compile qui casse la baraque chez les disquaires. Tous deux voient leurs singles connus et moins connus alignés sur un même CD suscitant une admiration nouvelle. Et tous deux préparent un nouvel album. Pour Gainsbourg, ce sera un disque de blues qu’il va enregistrer à la Nouvelle Orléans mais que le destin abandonnera à jamais dans les limbes. Quant à Laurent, son Caché Derrière sera son plus grand succès, un des plus grands dans l’histoire de l’industrie de la musique française, un disque aux accents mélancoliques et nostalgiques, il est vrai que Gainsbourg était pour lui une source d’inspiration et de rêve.

La Story Nostalgie

Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Il vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus artistes de notre temps.

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