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Plutôt que de bétonner ses montagnes pour répondre à l’afflux touristique, la Norvège a fait un choix audacieux : miser sur le savoir-faire ancestral des sherpas népalais pour réparer ses sentiers dans le respect total de la nature.
Au début des années 2000, la Norvège fait face à un phénomène qu’elle n’avait pas vraiment anticipé : l’explosion du tourisme de montagne. Chaque année, des milliers de randonneurs affluent vers ses sommets, ses fjords et ses sentiers spectaculaires. Mais à force de passages répétés, les chemins s’érodent, les sols se fragilisent, la montagne souffre. Très vite, une question se pose : comment réparer sans dénaturer ?
La solution la plus rapide aurait été de faire appel à des machines lourdes, de couler du béton, de reconstruire à grands coups de bulldozers. Une méthode efficace à court terme, mais désastreuse pour des écosystèmes fragiles. La Norvège choisit alors une voie radicalement différente, presque contre-intuitive : demander de l’aide à ceux qui savent vraiment travailler la montagne.
Ceux qu’elle va chercher se trouvent à des milliers de kilomètres : les sherpas népalais. Ce peuple de haute montagne guide depuis des siècles les alpinistes dans l’Himalaya et construit des sentiers dans les reliefs les plus hostiles du monde. Leur savoir-faire ne repose pas sur des plans rigides, mais sur l’observation, le ressenti, la compréhension fine du terrain, de l’eau, de la pente, de la neige.
Sur place, les sherpas travaillent pierre par pierre. Ils taillent, ajustent, posent sans béton ni machines lourdes. Le travail est lent, physique, exigeant. Mais les sentiers qu’ils créent épousent le paysage, canalisent l’eau, résistent au temps et au passage. Au départ, certains ingénieurs norvégiens avaient prévu des plans très précis. Les sherpas ont répondu simplement : « nous travaillons avec la montagne, pas contre elle ». La Norvège a accepté de faire confiance.
Le résultat est spectaculaire. Depuis le début des années 2000, plus de 200 sentiers ont été restaurés ou transformés. L’érosion a fortement diminué, les chemins sont plus sûrs pour les randonneurs et beaucoup plus durables pour les écosystèmes. La montagne respire à nouveau.
Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne s’agit pas de sous-traitance à bas coût. Les sherpas sont rémunérés environ 4 000 euros nets par mois, contre environ 300 euros au Népal. Pour certaines familles, un été de travail en Norvège représente l’équivalent de dix années de salaire dans leur pays. Cet argent permet de scolariser les enfants, de reconstruire des maisons, de sécuriser l’avenir.
Cette initiative raconte autre chose qu’un simple chantier. Elle montre qu’une rencontre est possible entre ceux qui ont les moyens financiers et ceux qui détiennent un savoir-faire précieux. Une écologie intelligente, humble, qui accepte de reconnaître l’expertise là où elle se trouve, même à l’autre bout du monde. Une leçon de coopération, de respect et de bon sens, à l’heure où la protection de la nature demande plus que jamais de repenser nos réflexes.
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Une chronique signée Leslie Rijmenams à retrouver (aussi) sur Nostalgie et www.nostalgie.be
« Y’a de l’idée », c’est LA séquence des initiatives positives, des solutions et des projets porteurs de sens pour un monde harmonieux, juste et durable. On y parle d’alimentation, de justice sociale, de solidarité, de santé, d’énergie, de respect de la nature et de la planète, d’environnement.