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Et si l’alimentation devenait un véritable levier de solidarité ? À travers le parcours inspirant d’une entrepreneure belge, Y’a de l’idée met en lumière une autre façon de consommer, plus juste, plus humaine, et fondée sur la confiance.
Parfois, une rencontre suffit à redonner foi en l’humain. Celle avec Sarah Catoul en fait partie. Il y a une quinzaine d’années, une grave maladie l’oblige à revoir en profondeur son mode de vie. Elle découvre alors à quel point la manière dont les aliments sont produits, transformés et consommés peut influencer le bien-être et même le processus de guérison. Cette prise de conscience devient un tournant.
Très vite, une idée s’impose à elle : cette expérience ne peut pas rester personnelle. Il faut agir, transmettre, proposer autre chose. En 2019, en parallèle de son activité principale, elle lance GUS, une petite épicerie située à Gembloux. Un lieu minuscule – à peine 12 m² – mais une ambition immense : rendre les produits sains et naturels accessibles au plus grand nombre.
Chez GUS, on trouve des aliments, du vin, mais aussi des cosmétiques, tous sélectionnés avec exigence. L’épicerie ne dispose pas de vitrine classique : tout se commande en ligne et les livraisons se font partout en Belgique. Mais ce qui fait vraiment la singularité du projet, c’est sa politique de prix.
Chaque produit est proposé à trois tarifs. Un prix « juste », qui correspond au coût réel. Un prix « réduit », pour les personnes qui traversent une période plus difficile. Et un prix « conscient », légèrement plus élevé, qui permet de compenser la différence et de soutenir le modèle. Un produit affiché à 10 euros peut ainsi être payé 8, 10 ou 12 euros.
Aucune justification n’est demandée. Le système repose entièrement sur la confiance. Aujourd’hui on peut avoir besoin d’aide, demain on peut être en mesure de soutenir quelqu’un d’autre. Et contre toute attente, ça fonctionne. Mieux : ça crée du lien et une forme de solidarité discrète mais puissante.
Évidemment, économiquement, l’équilibre est fragile. Sarah le reconnaît volontiers : les marges sont faibles, même au prix juste. Mais elle tient à ce modèle, quitte à miser davantage sur la quantité et sur l’adhésion des clients à la démarche. Pour l’instant, l’aventure tient bon, portée par une communauté engagée.
Ce système de tarification n’est pas né dans l’alimentaire. Il s’inspire du monde culturel, où les prix conscients existent depuis longtemps pour rendre les spectacles accessibles à tous. Aujourd’hui, ce modèle essaime. À Bruxelles, par exemple, la boulangerie Le Pain Levé applique aussi ce principe pour que chacun puisse accéder à un pain de qualité, quels que soient ses moyens. A Dinant, l'épicerie de la gare de base sur le même principe.
Ces initiatives montrent qu’une autre économie est possible. Une économie basée sur la confiance, la dignité et le partage. Des projets modestes en apparence, mais porteurs de transformations profondes. Et franchement, on a besoin de beaucoup plus d’histoires comme celle-là.
Vous aimez ce contenu ? Alors n’hésitez pas à vous abonner, à lui donner des étoiles et à partager ce podcast autour de vous. Ça nous aide à nous faire connaitre et à essaimer les idées constructives qui rendent le monde plus joli ! Une chronique signée Leslie Rijmenams à retrouver (aussi) sur Nostalgie et www.nostalgie.be
« Y’a de l’idée », c’est LA séquence des initiatives positives, des solutions et des projets porteurs de sens pour un monde harmonieux, juste et durable. On y parle d’alimentation, de justice sociale, de solidarité, de santé, d’énergie, de respect de la nature et de la planète, d’environnement.