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Standards de beauté : poils, fesses et injonctions, comment nos corps se libèrent des normes

12 février 2026 | 3 min 33 sec

Et si nos complexes n’étaient pas si naturels que ça ? Aujourd’hui, on questionne les standards de beauté qui pèsent sur les corps féminins, entre poils, fesses et business des injonctions.

Les standards de beauté ont toujours évolué. Et pourtant, ils continuent d’imposer des normes très précises, parfois contradictoires, souvent coûteuses, toujours pesantes. Aujourd’hui, on met le focus sur deux zones du corps particulièrement scrutées : les poils et les fesses.

Commençons par les poils. Biologiquement, ils ne sont pas là par hasard. Nous en avons environ 5 millions sur le corps. Pourtant, depuis des décennies, les femmes ont intégré l’idée que moins il y en a, mieux c’est. Une norme largement diffusée par le cinéma, la publicité et l’industrie cosmétique, associant le poil féminin à quelque chose de négligé, voire de « sale », tandis qu’il reste valorisé chez les hommes.

Certaines autrices ont décidé d’explorer cette injonction. C’est le cas de Lili Sohn avec sa BD Nos poils : mon année d’exploration du poil féminin chez Casterman. Après près de trente ans d’épilation, elle s’est demandé : pourquoi ? Que se passerait-il si elle arrêtait ? Son roman graphique raconte une année d’expérimentation, d’observation, de remise en question. C’est drôle, documenté, féministe et surtout très éclairant sur la pression sociale qui entoure quelque chose d’aussi banal que… le poil.

Et cette pression a un coût. Une femme qui s’épile à la cire toute sa vie peut dépenser jusqu’à 25 000 euros. Au rasoir, on parle d’environ 7 000 euros. Sans oublier le fameux « pink tax » : certains rasoirs féminins sont plus chers que les masculins. Créer un défaut, c’est créer un marché.

Heureusement, certaines figures publiques ont contribué à faire bouger les lignes. En 1999, Julia Roberts apparaissait à l’avant-première de Coup de foudre à Notting Hill avec des poils sous les bras. En 2015, Miley Cyrus les colorait en rose. En 2018, le mouvement « Januhairy » invitait les femmes à laisser pousser leurs poils en janvier. Autant de gestes symboliques qui participent à élargir le champ des possibles.

Même dynamique du côté des fesses. Dans les années 90, l’idéal était ultra-mince. Les silhouettes filiformes dominaient. Aujourd’hui, les standards ont basculé : les formes sont valorisées, parfois jusqu’à l’excès, avec un recours croissant à la chirurgie esthétique. Là encore, la norme change… mais l’injonction demeure.

Le roman graphique Derrière : une étonnante histoire de fesses d’Erell Hannah et Fred Cham aux éditions JC Lattès retrace cette évolution à travers les siècles. On y découvre notamment l’histoire de la cellulite : phénomène physiologique normal chez les femmes, transformé en « problème » dès les années 30 par l’industrie cosmétique. Massages, crèmes, liposuccion… le business est colossal. Pourtant, la cellulite est simplement liée à la structure des tissus féminins et à la répartition naturelle des graisses.

À la base, les fesses ont une fonction : elles permettent la marche, l’équilibre, le stockage énergétique. Le corps féminin contient naturellement entre 20 et 30 % de masse grasse. Rien d’anormal. Rien à corriger. La femme est même le 3ème mammifère ayant la plus grande réserve de graisse après les mammifères marins et les ours sur le point d'hiverner.

Ces deux ouvrages rappellent une chose essentielle : les normes sont construites. Elles évoluent. Elles ne sont pas des vérités biologiques. Les comprendre, c’est déjà commencer à s’en libérer.

Et si le véritable défi n’était pas de correspondre aux standards… mais d’apprendre à les questionner ?

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A la suite...

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« Y’a de l’idée », c’est LA séquence des initiatives positives, des solutions et des projets porteurs de sens pour un monde harmonieux, juste et durable. On y parle d’alimentation, de justice sociale, de solidarité, de santé, d’énergie, de respect de la nature et de la planète, d’environnement.

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