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À Bouge, près de Namur, Repair and Wear Studio mise sur l’upcycling textile, l’économie circulaire et la réinsertion pour donner une nouvelle vie aux vêtements usés.
L’upcycling a de plus en plus la cote. Le principe est simple : récupérer un objet ou un matériau usé pour lui donner une nouvelle vie, mais pas n’importe laquelle. Il ne s’agit pas seulement de recycler, mais d’améliorer, de rehausser, de transformer l’existant en quelque chose de plus désirable, plus créatif, plus durable. Dans le textile, cette approche séduit de plus en plus de créateurs, d’ateliers et de consommateurs.
C’est notamment le cas de Repair and Wear Studio, une boutique-atelier installée à Bouge, près de Namur. Derrière ce projet, il y a Julie Delhauteur, couturière belge, qui a imaginé un lieu où les vêtements usés peuvent être triés, lavés, réparés, customisés, déconstruits… puis remis en circulation sous une nouvelle forme.
Le lieu est vaste : environ 350 mètres carrés. Quand on pousse la porte, on découvre d’abord la boutique, qui occupe un tiers de l’espace. Mais derrière, il y a tout un atelier vivant, avec des piles de tissus, des vêtements de seconde main, des machines à coudre, du repassage, du tri… et même, plus loin encore, des sacs entiers remplis de pièces en attente d’une seconde chance.
Tous les vêtements qui arrivent ne subissent pas le même sort. Certains sont en bon état et peuvent être revendus tels quels. D’autres ont besoin d’une petite réparation : remplacer un bouton, changer une tirette, recoudre une couture. Et puis il y a ceux qui sont trop abîmés, trop troués ou trop tachés pour être simplement réparés. C’est là que l’upcycling entre véritablement en jeu.
Deux options s’ouvrent alors. Soit le vêtement est customisé : on ajoute une broderie pour masquer une tache, on transforme un défaut en détail singulier. Soit il est complètement reconstruit. Des morceaux de jeans peuvent par exemple être assemblés pour créer un sac. Une vieille chemise peut devenir une nouvelle pièce, unique, avec une autre coupe, une autre allure, une autre histoire.
Ce travail demande du temps, du savoir-faire et de la main-d’œuvre. C’est aussi ce qui explique le prix de certaines pièces upcyclées. Une jupe transformée peut coûter une centaine d’euros, non pas parce qu’on “surfe sur une tendance”, mais parce que le temps humain a un coût. Et dans ce projet, il est assumé : l’idée est de payer correctement celles et ceux qui travaillent.
Pour rendre cette logique circulaire encore plus cohérente, Julie Delhauteur a mis en place un système particulièrement malin. Chaque vêtement upcyclé vendu en boutique possède un QR code. Si, un an ou deux plus tard, l’acheteur s’en lasse, il peut le rapporter au magasin et récupérer 20 % de son prix initial. La pièce est alors reprise, lavée, réparée ou transformée à nouveau, puis remise en vente. Une boucle vertueuse, poussée à l'infini.
Repair and Wear Studio est une coopérative, une société à finalité sociale. Cela signifie que le projet place l’humain et l’utilité collective avant le profit. Le bénéfice sert à faire vivre et durer l’initiative, mais le cœur du projet est ailleurs : créer de l’emploi, transmettre des compétences, redonner confiance.
À côté des équivalents de deux temps pleins et demi qui y travaillent, une dizaine d’autres personnes sont accueillies dans le cadre d’un parcours de réinsertion socioprofessionnelle. Pour ces personnes parfois fragilisées par la vie, l’atelier devient un lieu où l’on apprend, où l’on reprend confiance, où l’on retrouve de l’autonomie.
Au fond, ce projet raconte beaucoup plus qu’une simple histoire de vêtements. Il parle de circularité, bien sûr, mais aussi de dignité, de création, de travail juste et de seconde chance. Pour les habits comme pour les humains.
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« Y’a de l’idée », c’est LA séquence des initiatives positives, des solutions et des projets porteurs de sens pour un monde harmonieux, juste et durable. On y parle d’alimentation, de justice sociale, de solidarité, de santé, d’énergie, de respect de la nature et de la planète, d’environnement.